10 juin 2008
La fête des Pères !
À propos de ….
Il ne fait nul doute que la fête des Pères, au Canada comme aux États-Unis, s'inspire de la fête des Mères.
L'idée de consacrer une journée aux pères était déjà dans l'air il y a environ 100 ans.
Si la fête des Pères remonte à la même époque que la fête des Mères dont elle est le calque ou le pendant, la tradition du respect du père est antérieure au début du XXe siècle et est présente dans plusieurs cultures.
Figure d'autorité, le père symbolise entre autres la génération et la domination, comme dans l'expression «Père tout-puissant».
Bien que certains considèrent le troisième dimanche de juin comme une simple occasion pour les commerçants de vendre une cravate, des balles de golf, un outil pour bricoler ou un chandail pour papa, la fête des Pères a d'abord pour intention de valoriser le rôle du père, de l'honorer et de mettre en évidence les relations père / enfants.
Remonter aux sources !
En 1908, une messe en l'honneur des pères est chantée à la demande de Mme Charles Clayton, en Virginie. Quatre ans plus tard, une autre célébration du même type a lieu à Washington.
Mais le mérite de l'institution de cette fête est généralement attribué à Mme John Bruce Dodd - née Sonora Smart, une résidente de Spokane, ville située à l'est de l'état de Washington à la frontière de l'Idaho. Inspirée par un sermon prononcé à l'occasion de la fête des Mères en 1909, Sonora Smart Dodd avait de très bonnes raisons de vouloir honorer les pères et tout particulièrement le sien.
En effet, Henry Jackson Smart avait pris en charge l'entière responsabilité de l'éducation de ses six enfants après le décès de son épouse. Pendant 21 années, il se dévoua à ses enfants.
Il faut dire qu'à cette époque, les familles monoparentales où le père s'occupait seul de ses enfants étaient rares. Souvent une tante ou une grand-mère voyait au bien-être des orphelins.
Grâce à Sonora Smart, une célébration religieuse eut lieu à Spokane un 19 juin, jour même de l'anniversaire de naissance de son père.
D'autres villes emboîtent le pas et commencent à tenir des célébrations annuelles.
En 1916, l'idée est approuvée par le président de l'époque, Woodrow Wilson. Le président Calvin Coolidge, en 1924, supporte à son tour l'idée d'une journée nationale où, à la grandeur du pays, l'attention serait centrée sur les relations entre pères et enfants.
En 1926, on assiste à New York à la formation d'un comité chargé de la question de la fête des pères. Trente ans plus tard, la fête est reconnue par résolution du Congrès.
Il faut cependant attendre 1966 pour que Lyndon Johnson signe une proclamation présidentielle désignant le troisième dimanche de juin comme journée réservée pour la fête des Pères alors que le Congrès américain et le président Richard Nixon font reconnaître officiellement la fête des Pères comme fête nationale aux États-Unis en 1972.
De coutume en culture !
À Saint-Louis-de-Kent au Nouveau-Brunswick, on avait coutume d'organiser une fête paroissiale annuelle pour féliciter publiquement les parents, hommes et femmes, d'avoir élevé au moins dix enfants.
S'il est rare de compter un tel nombre d'enfants dans les familles québécoises d'aujourd'hui, les «exploits» parentaux sont encore soulignés à l'occasion de la fête des Pères.
En effet, on peut lire dans les journaux et dans certaines revues des articles qui font le portrait d'un père méritant et courageux ou qui abordent différents sujets autour de la paternité.
Des animateurs d'émissions de radio ou de télévision présentent aussi des pères exceptionnels à l'approche de cette fête.
On peut même participer à divers concours du «papa de l'année» en envoyant une lettre qui décrit son père et qui explique en quoi celui-ci mérite le titre du meilleur papa. Les critères de sélection pour un tel concours ont certainement changé depuis 20 ou 30 ans.
Les «bons pères» doivent non seulement tenir le rôle de pourvoyeur qui leur a longtemps été attribué, mais ils doivent aussi occuper une place importante dans la vie de leurs enfants. Ils se rendent désormais aux cours prénataux avec la future maman, ils changent les couches une fois le petit venu au monde, donnent les bains, préparent les repas, aident aux devoirs, vont aux réunions de parents à l'école, bref, ils occupent la scène quotidienne sur des plans où ils étaient absents il n'y a pas si longtemps.
Alors qu'aux États-Unis on fête les pères depuis le début du siècle, ce n'est qu'à partir de 1968 qu'on instaure la fête des Pères en France.
Cette fête est apparue dans une période de grandes revendications sociales où les Français réclamaient entre autres l'égalité entre les hommes et les femmes, donc une fête pour les pères comme pour les mères.
Si l'objectif de la fête des Pères et d'honorer ces derniers et de valoriser leur rôle au sein de la famille, il semble qu'on ait perdu le sens véritable de la fête.
Comme pour la fête des Mères, on offre un petit cadeau ou on amène papa au restaurant sans pour autant lui exprimer sa reconnaissance.
Certains déplorent d'ailleurs la commercialisation de cette fête, mais il reste que la plupart des enfants prennent le soin de préparer des cartes spéciales pour leur père ou dessinent affectueusement une scène mettant leur papa en vedette.
Quelques-uns vont même porter une rose, symbole officiel de la fête des pères.
Elle sera rouge si le père est vivant et blanche s'il est décédé.
Peu de coutumes s'observent au Québec le troisième dimanche de juin, mais il y a encore place à l'imagination.
À l'instar d'une tradition yougoslave, les enfants d'ici pourraient ligoter leur père avec une ficelle. Celui-ci feignant la surprise, se détacherait et retrouverait sa liberté.

source; réseau des archives du Québec

























