16 mars 2008
pour tout savoir sur la Fête de Pâques !
À propos de,,,,
La fête de Pâques est célébrée chaque année entre le 22 mars et le 25 avril.
Cette fête mobile, c'est-à-dire dont la date varie à tous les ans, est avant tout religieuse. Certaines cérémonies rappellent pourtant d'anciens rites païens qui font de Pâques une fête solaire ou une fête de l'eau. Pâques est l'une des fêtes les plus complexes du cycle annuel.
C'est à partir de la date de Pâques que s'inscrivent les autres fêtes mobiles du calendrier actuel. Pour les chrétiens par exemple, elle est la plus importante et la plus grande de toutes les fêtes. En outre, Pâques commémore différents événements religieux selon qu'on se situe dans la tradition juive ou la tradition chrétienne.
Pâques vient du mot hébreu pascha dont la forme plus connue pessah signifie «passage». La pessah ou «Pâque juive» est une fête annuelle qui commémore un double passage : la sortie d'Égypte par les fils d'Israël et le passage de la mer Rouge.
Pour le peuple d'Israël, la Pâque est une fête célébrant la libération d'un peuple esclave des Pharaons qui a marché vers la Terre promise. Instituée par Moïse, la Pâque juive est bien antérieure à la Pâques chrétienne. Elle a lieu tous les ans, au 15 du mois de nisan, selon le calendrier israélite.
Dans la tradition religieuse chrétienne, cette fête commémore la mort et la Résurrection de Jésus-Christ. Selon le récit des Évangiles qui racontent la vie de Jésus, celui-ci, à son arrivée à Jérusalem, s'apprête à célébrer la Pâque juive avec ses apôtres. Le soir même, il est arrêté et condamné. Le lendemain, il meurt crucifié et son corps, mis au tombeau, n'est jamais retrouvé. Pourtant, quelques semaines plus tard, ses disciples affirment qu'il leur est apparu, qu'il est ressuscité.
Selon les Évangiles, le jour anniversaire de la mort de Jésus est un vendredi et le dimanche est le jour de la Résurrection. La Pâque chrétienne commence donc le Vendredi saint et se termine le dimanche de Pâques. Comme le Christ mourut le jour du passage, le nom Pâques et sa signification juive ont été adoptés par les premiers chrétiens pour commémorer les événements de la dernière semaine de la vie de Jésus.
Il existe bel et bien un lien entre la Pâque juive et la Pâque chrétienne quoi que les deux fêtes soient célébrées à des dates différentes pouvant même aller jusqu'à un écart d'un mois.
Pâques possède aussi une double signification.
Elle symbolise à la fois la mort et le renouveau, c'est-à-dire qu'elle met en lumière le double visage de la résurrection du Christ et de la résurrection de la Nature.
Dans le cycle annuel, du moins en Occident, la fête de Pâques se produit au moment où la nature reprend vie après la saison morte de l'hiver. Pâques est donc aussi la fête du printemps et celle du soleil qui, dans sa course elliptique, reprend vigueur et réchauffe la terre.
Le mot anglais Easter comme son pendant Ostern en allemand ont la même racine (East, Ost) et signifient pour les peuples nordiques la saison du renouveau et du soleil qui se lève. À l'origine, Easter désigne donc la célébration du soleil levant et cette fête souligne l'arrivée du printemps par des rites anciens autour du feu et de l'eau.
Une hypothèse soutient d'ailleurs que l'étymologie du mot allemand Ostern, dérive de Ostra, la déesse du printemps. Les anciens Saxons allument des feux en son honneur. La fête de Pâques telle qu'elle est célébrée aujourd'hui porte les traces de tous ces symboles et rites anciens.

Remonter aux sources !
Chronologiquement, la Pâque juive ou Pessah précède de quelque mille cinq cents ans la Pâque chrétienne.
Dès les débuts du christianisme, la fête de Pâques est célébrée par l'Église entière. Elle est d'ailleurs la seule fête chrétienne jusqu'au IVe siècle.
À l'origine, la date de la Pâque chrétienne est déterminée d'après le calendrier juif; pendant longtemps l'Église de Rome, qui fête la résurrection du Christ, célèbre Pâques le dimanche qui suit la Pâque juive.
Il en résulte une grande controverse dont l'enjeu se situe exclusivement autour d'une date. Très tôt la question de savoir si la Pâque chrétienne doit être célébrée le même jour que la Pâque juive anime les débats au sein de l'Église.
Le problème consiste à accorder deux types de calendriers qui n'ont pas la même mesure du temps, l'un étant solaire, l'autre lunaire. En effet, le quinzième du mois hébreu de nisan ne correspond pas à une date fixe du calendrier julien, ni du calendrier grégorien encore en vigueur de nos jours.
L'expansion du christianisme entraîne le besoin pressant de fixer une fois pour toutes la date de Pâques. Ce travail délicat est confié aux grands érudits d'Alexandrie qui établissent les principes qui déterminent la date de Pâques encore aujourd'hui. Ces principes ont été approuvés par les évêques lors du concile de Nicée en l'an 325 de notre ère et valent pour toutes les Églises catholiques romaines.
Pour les Chrétiens, Pâques est liée à la passion de Jésus-Christ, soit les circonstances entourant sa condamnation, sa mort et sa résurrection qui ont été rapportées par les témoignages des évangélistes dans la Bible.
D'après leurs écrits, cet épisode de la vie de Jésus se déroule pendant la Pâque juive, à savoir le quinzième de nisan au calendrier juif. Bien que la Pâque juive soit une fête fixée à cette quinzième journée, sa date varie d'une année à l'autre, au rythme du calendrier lunaire.
La Pâque juive tombe toujours au printemps et est fixée dans le calendrier juif d'après la lune du printemps qui arrive habituellement en mars. Dans un calendrier solaire comme celui des Romains, c'est l'équinoxe du printemps qui détermine la date de Pâques. Celui-ci se produit généralement autour du 20 mars. Pâques doit également être célébrée un dimanche, car le Christ est ressuscité un dimanche, sanctifiant par le fait même ce jour de la semaine désormais devenu le Jour du Seigneur.
Ainsi, après trois siècles de conflits, Pâques a été fixée au dimanche suivant la première pleine lune qui suit l'équinoxe du printemps. «Mais comme la lune astronomique pouvait avoir des irrégularités, on se basa sur une lune fictive, ou lune ecclésiastique, pour abolir les écarts de phase qui pouvaient survenir» (Lebrun, 1986: 10).
Au XVIe siècle par exemple, l'équinoxe avait dérivé de 10 jours pour se retrouver au 11 mars en 1582. C'est ce que la réforme grégorienne du calendrier a tenté de rétablir. Cet ajustement entraîne l'établissement d'un nouveau calendrier, dit ecclésiastique, qui a la particularité d'être à la fois lunaire et solaire. La partie solaire permet d'établir des fêtes fixes comme Noël alors que la lune détermine des fêtes mobiles comme Pâques.
Selon ces principes, Pâques survient toujours un dimanche et sa date peut varier entre le 22 mars et le 25 avril. Trente-cinq jours séparent ces deux termes qui offrent autant de positions différentes au calendrier pour souligner la Résurrection du Christ.

Un peu d'histoire!
Outre le problème de faire coïncider les calendriers, la date de Pâques a longtemps été retenue comme le début de l'année civile.
C'est le cas en France au Moyen Âge où il est coutume de renouveler les baux ou de payer les domestiques à Pâques. Cette date est utilisée comme terme obligé pour certains contrats ou remboursements. Même les rois de France qui empruntent des capitaux fixent le remboursement au dimanche de Pâques ou au dimanche de la Trinité.
C'est de là d'ailleurs que vient l'expression «À Pâques ou à la Trinité» popularisée par la complainte Malbrough s'en va-t-en guerre. Comme les deux fêtes se passent souvent sans qu'il y ait paiement ou remboursement, les échéances sont devenues illusoires à la longue et ont fini par désigner des dates fictives.
Sous le règne de Charles IX en 1564, le début de l'année est reporté au 1er janvier, après avoir oscillé entre Noël et Pâques. Cet usage a rencontré des résistances auxquelles on associe encore des traces aujourd'hui.
La coutume de porter des vêtements neufs à Pâques, celle de donner des œufs de Pâques ou encore, celle d'échanger des vœux de «Joyeuses Pâques» peut être en lien avec les étrennes qui s'offrent traditionnellement au premier jour de l'année.

De coutume en coutume!
La fête de Pâques appartient à un cycle de fêtes appelé cycle pascal. Celui-ci débute avec le dimanche des Rameaux, c'est-à-dire celui qui précède le dimanche de Pâques, se poursuit avec la Semaine sainte et se termine avec le jour de Pâques.
Si les jours saints font l'objet de certaines coutumes et cérémonies, c'est à Pâques que culminent les croyances et les traditions les plus importantes dont le sens n'est compréhensible que dans l'ensemble du cycle pascal.
La religion étant omniprésente dans la fête de Pâques, une pratique religieuse populaire s'est développée aux côtés du rituel catholique officiel, qui a donné lieu à des coutumes ou des croyances particulières. Le dimanche des Rameaux! «Pâques fleuries» est une autre désignation du dimanche des Rameaux.
Pour les chrétiens, ce dimanche commémore l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem au milieu de la foule venue l'accueillir avec des rameaux de palmiers. C'est pour cette raison que dans la pratique religieuse catholique on conserve la coutume de faire bénir des rameaux pendant la cérémonie liturgique de ce dimanche.
En Europe, on prend les rameaux des oliviers, du buis ou des palmiers.
Au Québec, du moins dans les campagnes au début du XXe siècle, la coutume est de prendre des branches de sapin ou d'épinette, encore verts à cette période de l'année car le printemps y est plus tardif.
La bénédiction des rameaux se fait au tout début de la cérémonie. Rapportés à la maison après la messe, les rameaux occupent une place de choix et sont conservés avec foi. Tout comme les cierges bénits à la chandeleur, on accorde aux rameaux des vertus protectrices contre les tempêtes, l'orage, la foudre, les maladies ou la mortalité.
Trempés dans l'eau bénite, ils acquièrent aux yeux des croyants une protection supplémentaire. On s'en sert pour asperger les fenêtres des maisons ou les malades. Quand ils ne servent pas dans ces rituels de protection, les rameaux sont fixés aux crucifix, au-dessus des cadres des portes des maisons ou des bâtiments de la ferme. On dispose des vieux rameaux ou de celui de l'an passé en le brûlant afin qu'il ne soit pas profané.
Certains voient dans cette pratique de purification par le feu, un vestige d'anciens rites païens. Aujourd'hui, la bénédiction des rameaux fait toujours partie du cérémonial du cycle pascal et les palmes, désormais importées et vendues à la porte de l'église, prennent des allures de petit chef-d'œuvre. On en trouve de toutes sortes sur le marché, décorés d'appliques, tressés et travaillés.

La Semaine sainte!
Les coutumes de la Semaine sainte touchent particulièrement les journées du Jeudi, du Vendredi et du Samedi saints.
Comme dans tout le cycle pascal, les éléments populaires et traditionnels s'y chevauchent mais sont intimement liés à la liturgie qui leur donne sens. Ce qui caractérise d'abord la Semaine sainte c'est un jeûne accentué car, pour les fidèles catholiques, la fête de Pâques nécessite un temps de préparation spirituelle et physique qu'on appelle le carême.
Pour les chrétiens, le carême dure quarante jours. Pendant la Semaine sainte, on assiste à tous les offices religieux tout en insistant sur la pénitence et le jeûne.
Au Québec jusqu'aux années 1960, les travaux domestiques et ceux de la ferme sont minimaux afin de permettre aux fidèles d'assister aux offices.
Au cours de cette semaine, l'Église reprend par sa liturgie les grands événements qui ont marqué les derniers moments de la vie de Jésus. L'office du Jeudi saint commémore le dernier repas du Christ avec ses disciples, appelé dernière scène, où Jésus a institué l'eucharistie et le sacrement du sacerdoce.
C'est aussi à cette occasion que les cloches se taisent jusqu'au Samedi saint. Le silence des cloches à partir du Jeudi saint signifie le respect des derniers moments de la vie de Jésus, puis leur tintement joyeux au dimanche de Pâques accentue la joie des chrétiens devant la Résurrection.
Pour expliquer ce silence, on dit généralement que les clochent s'envolent pour Rome. D'ailleurs l'iconographie religieuse les représente souvent avec des ailes. L'imagination populaire a aussi échafaudé plusieurs hypothèses sur ce qu'elles vont faire à Rome. Pour les uns, les cloches vont à Rome «faire leurs pâques», c'est-à-dire se confesser ou se faire bénir par le Pape. Pour d'autres, elles vont chercher des œufs qu'elles distribueront du haut des airs à leur retour.
Dans les villes où les paroisses sont plus rapprochées, il est coutume de visiter sept églises le Jeudi saint pour faire des prières.
Le Vendredi saint, jour de la condamnation et de la crucifixion de Jésus est un jour de grand deuil pour les chrétiens.
Encore aujourd'hui, cette journée est un congé férié à certains endroits. Les fidèles ont l'obligation de se rendre à l'office du Vendredi saint pour la lecture de la Passion et pour faire le chemin de la croix. Cette cérémonie veut commémorer le chemin parcouru par Jésus lors de sa montée au Calvaire où il a été crucifié.
Le chemin de croix que l'on connaît encore actuellement remonte au tout début du XVIe siècle et comporte quatorze tableaux représentant les stations ou les étapes du parcours de Jésus, ses chutes en portant sa croix et ses rencontres.
Toutes les églises catholiques ont sur leurs murs des œuvres d'artistes qui ont réalisé ces quatorze tableaux constituant un chemin de croix. Le Vendredi saint, les fidèles ont coutume de se rendre à l'église et de s'arrêter pour prier devant chacune de ces quatorze scènes.
Ceux qui ne peuvent se libérer ont le devoir d'observer une minute de silence à quinze heures précises, moment où Jésus serait mort. Dans les pays latins, comme l'Espagne et l'Italie, le chemin de croix a pris une forme plus théâtrale qui a donné naissance à des grandes processions où les pèlerins figurants jouent l'itinéraire de Jésus portant sa croix.
Cette façon de vivre sa foi pascale a gagné de nos jours plusieurs adeptes et cette manifestation du chemin de croix est visible à Québec et à Montréal.
Le Vendredi saint est aussi une journée où le jeûne doit spécialement être respecté. D'ailleurs, avec tous les changements et les assouplissements de l'Église dans les préceptes religieux, deux journées dans l'année sont demeurées «maigre et jeûne» obligatoire, soit le mercredi des Cendres et le Vendredi saint. Pour accentuer la pénitence, certains prennent même leur repas maigre dans une position inconfortable.
En raison de son caractère tragique, cette journée a acquis une réputation néfaste qui s'est traduite par des interdits et de nombreuses croyances populaires. Celles autour du Vendredi saint sont plutôt des mises en garde pour éviter la malchance et les désappointements, mais elles comportent aussi leurs aspects positifs.
• Comme pour les vendredis en général, il ne faut rien entreprendre la journée du Vendredi saint car tout se retournera contre celui ou celle qui entreprend.
• Une croyance ancienne prétend que le Vendredi saint est un mauvais jour pour mettre une culture en terre car le métal ne doit pas pénétrer le sol ce jour-là. Il faut s'abstenir de travailler la terre, de bûcher ou de tailler de l'étoffe. Allusion aux outils tranchants, coupants.
• Se regarder dans un miroir le Vendredi saint porte malchance.
• Le linge lavé cette journée ne sera jamais propre. Cette croyance serait issue d'une légende connue surtout en Europe voulant que le Christ sur le chemin le menant au calvaire croisa une lavandière qui le salua en agitant un linge humide. Il aurait alors dit : «Maudit soit celui qui lavera en ce jour» !
• Au Canada français, au temps des sucres, les sucriers ne devaient pas entailler les érables le Vendredi saint. On croyait que des gouttes de sang jailliraient au lieu de la sève. Cette croyance s'apparente à celles de la journée du vendredi où l'on ne doit ni couper ni aiguiser un outil tranchant comme une hache.
• Le pain et les pâtisseries cuisinés le Vendredi saint ne moisiront pas et auront la propriété de guérir les maladies bénignes comme le rhume et la coqueluche.
• Un bébé sevré la journée du Vendredi saint aura une croissance saine et une vie prospère.
• Un garçon portant ses premiers pantalons longs un Vendredi saint aura un ménage heureux.
Quant au Samedi saint ou vigile pascale, c'est une journée très remplie dont l'atmosphère anticipe sur la joie pascale. Les offices et cérémonies du Samedi saint sont les plus longs et sont ponctués de rites symboliques comme la bénédiction du feu nouveau représenté par un grand cierge pascal.
Suit la cérémonie de la bénédiction de l'eau et des fonts baptismaux et parfois, lorsque c'est possible, un baptême est célébré. Le déroulement et l'horaire de ces cérémonies a varié selon les époques et l'usage les a fait rassembler de nos jours à la veillée pascale.
C'est aussi le Samedi saint que les cloches reviennent de Rome et se mettent à sonner pour annoncer la résurrection de Jésus. Leur signal signifie la levée des interdits et des privations, le retour à la vie quotidienne. Le carême s'achève à la fin de cette journée.

Le dimanche de Pâques!
Le dimanche de Pâques est une journée particulièrement colorée et fleurie où règne une atmosphère joyeuse et pleine d'effervescence.
Fête du renouveau qui annonce le printemps, Pâques est l'occasion d'exhiber des toilettes neuves et d'offrir des fleurs à ceux qu'on aime. Les boutiques et vitrines des magasins sont décorées de fleurs de papier aux couleurs à dominante de violet et de jaune, l'une et l'autre symbolisant respectivement la mort et la lumière.
Au Québec, où la tenue des marchés publics en plein air est suspendue pendant la saison hivernale, le marché de Pâques marque la reprise des activités commerciales.
Des témoignages confirment que le marché de Pâques au XIXe et au XXe siècle est un événement à ne pas manquer où tous les producteurs retrouvent leurs clients dans un décor tapissé de fleurs artificielles où brides et voitures à chevaux sont aussi décorées.
Au marché de Pâques, la vie urbaine reprend son cours normal. Les fleurs pascales correspondent à celles que l'on retrouve naturellement au début du printemps.
Parmi les favorites, il y a les marguerites et les tulipes mais celles qui ont la faveur sont les lys. «Le lis est synonyme de blancheur et, en conséquence, de pureté, d'innocence, de virginité. Dans la tradition biblique, le lis est le symbole de l'élection, du choix de l'être aimé.
Tel fut le privilège d'Israël parmi les nations, de la Vierge Marie parmi les femmes d'Israël. Le lis symbolise aussi l'abandon à la volonté de Dieu, c'est-à-dire à la Providence» (Chevalier, 1982 : 577-578). Selon certains héraldistes, le lys est considéré comme l'emblème des rois de France puis comme l'emblème du Québec. Il apparaît d'ailleurs sur le drapeau québécois aussi appelé fleurdelisé. Qu'on l'ait confondu ou non avec l'iris versicolore, le lys est aussi associé à saint Joseph, choisi comme père nourricier de Jésus.
Dans l'iconographie religieuse, saint Joseph est souvent représenté tenant un lys à la main. Il est d'ailleurs consacré par les Pères Récollets en 1624 comme le patron des Canadiens à l'époque de la Nouvelle-France. Saint Joseph partage son titre avec saint Jean-Baptiste qu'on considère aussi patron des Canadiens français. La fête de saint Joseph, célébrée le 19 mars, garde un caractère populaire et religieux alors que la Saint-Jean-Baptiste est désignée fête nationale.
Les fleurs pascales sont aussi à l'honneur aux États-Unis. À New York par exemple a lieu chaque année la traditionnelle parade des chapeaux fleuris sur la 5e avenue. Spectaculaire, cette parade de gens qui exhibent des chapeaux tous plus originaux les uns que les autres se déroule de façon informelle et s'apparente davantage à un défilé de mode.
Jusqu'au milieu des années 1960, période qui coïncide avec des réformes importantes de la pratique religieuse au Québec, le chapeau est un élément indispensable de la fête de Pâques. Les femmes surtout, qui ont jusque-là l'obligation de se coiffer pour entrer dans l'église et assister aux offices, allient la coquetterie au respect des prescriptions religieuses. Le discours publicitaire des grands magasins, pour qui la conformité aux coutumes, spécialement dans le temps de Pâques, permet de faire des affaires d'or, est d'ailleurs axé sur ce propos.
À Pâques, il est donc d'usage de porter un chapeau, fleuri ou non, de fine toile ou de paille même si l'été n'est pas arrivé; l'important est qu'il soit neuf ou rafraîchi. Indispensable à la toilette féminine, cet accessoire est jusqu'à tout récemment une façon de saluer la venue du printemps.
Pour d'autres, comme les enfants, la coutume est d'étrenner un vêtement neuf le jour de Pâques. Celle-ci tire probablement son origine du fait que Pâques a longtemps été la date du commencement de l'année avec ses étrennes du premier jour de l'an, dont elle aurait gardé la trace. Une autre hypothèse associe le fait de porter des vêtements neufs aux nouveaux baptisés de la vigile pascale.
Lors de cette cérémonie, on les revêt de robes blanches pour symboliser la «vie nouvelle» accordée par le Christ ressuscité. L'envoi de cartes de souhaits portant l'inscription «Joyeuses Pâques» est aussi une coutume dérivée de l'association de la fête de Pâques au commencement de l'année. Si cet usage est aujourd'hui presque disparu, il a toutefois connu une grande popularité à l'époque industrielle, du moins au Québec.
La confection de cartes de souhaits pour Pâques occupe encore l'heure de bricolage des élèves du primaire, et ce depuis les années 1930. Le dîner de Pâques est particulièrement copieux. Comme il constitue le premier véritable repas après un carême de quarante jours, il se déroule sous le signe de l'abondance.
Dans plusieurs pays d'Europe, l'agneau est le principal mets non seulement dans la tradition juive mais aussi chez les chrétiens pour qui l'agneau évoque le Christ.
Au Québec, c'est plutôt le porc qui est à l'honneur. Au menu du repas principal du dimanche, on retrouve le traditionnel jambon de Pâques apprêté selon les variantes régionales au clou de girofle, au sirop d'érable en saison ou dans une sauce à l'ananas. Hormis les friandises et confiseries en chocolat qui garnissent les tables, les œufs font partie de la fête. On les trouve sous plusieurs formes : œufs durs, omelette, œufs en chocolat, œufs peints à manger.
En Europe, une tradition consiste à ce que les enfants cherchent les œufs cachés dans les jardins le matin de Pâques ou à ce qu'ils fassent la quête de ferme en ferme pour les obtenir.
Cette chasse aux œufs est reprise dans certaines familles au Québec, mais ceux-ci sont cachés à l'intérieur des maisons. Offrir des œufs aux adultes comme aux enfants est une coutume qui remonte aux débuts de l'ère chrétienne et est directement en lien avec le carême.
Dans sa période la plus rigoriste, l'Église interdit de consommer les œufs pendant ce temps de pénitence. Cela entraîne donc une grande quantité d'œufs que l'on entasse parmi les provisions. Le meilleur moyen de liquider cette réserve d'œufs accumulée pendant le carême est d'en faire don à Pâques. Teints et décorés, les œufs ont pris plus facilement l'apparence de cadeaux et de surprises.
Depuis que le carême s'est adouci, l'usage a perdu son intérêt mais a subsisté sous une autre forme. À l'ère industrielle, les œufs en sucre et en chocolat se sont rapidement popularisés et sont toujours attendus de nos jours.
La symbolique de l'œuf à travers les âges a sans doute contribué à l'établissement de cette coutume. Depuis l'Antiquité, il est le symbole de la fécondité, du renouveau, de l'éternité et du printemps. Avec le christianisme, l'œuf acquiert un caractère religieux; il devient symbole de la résurrection. Les œufs teints en rouge évoquent en ce sens le sang du Christ ressuscité.
Contrairement à une vieille croyance, ce n'est pas le lapin de Pâques qui pond les œufs mais son origine vient d'une légende allemande. Des enfants l'auraient jadis aperçu sortant d'un filet qui contenait des œufs peints au moment où ils étaient en quête de leurs cadeaux dans le jardin au matin de Pâques.
Les enfants ont convenu que le lapin avait apporté les œufs et les avait déposés dans les filets pour Pâques. En France, on dit aux enfants que les œufs de Pâques sont jetés des airs par les cloches qui reviennent de Rome.
La tradition des œufs décorés par des artistes a cours dans plusieurs pays notamment en Ukraine et en Tchécoslovaquie. Cette tradition comporte des techniques très particulières comme la gravure, la gouache ou la cire chaude. Chaque œuf ainsi décoré est un chef-d'œuvre de minutie et de patience qui fait la joie des collectionneurs.

Clin d'œil sur nos traditions !
La consécration de l'eau se fait le Samedi saint et les croyants en profitent pour rapporter à la maison des réserves d'eau nouvellement bénite.
Devant ce rituel religieux, il n'en faut pas plus pour que la croyance populaire se développe. Par analogie, toutes les eaux mêmes naturelles peuvent être investies de certaines grâces.
Associée à la nature qui reprend vie au printemps, l'eau courante qui coule des ruisseaux à Pâques est une eau nouvelle et fraîche; on lui attribue un pouvoir magique de guérison et de protection.
Quoi qu'il en soit, la tradition de cueillir de l'eau le matin de Pâques est un trait qui relève davantage de la pratique populaire.
Pour que cette eau soit efficace, il faut cependant réunir certaines conditions.
D'abord, l'eau doit couler à l'année longue et ne doit pas être stagnante. L'eau d'un ruisseau, d'une rivière ou d'une source peut convenir. Il faut la cueillir dès l'aube avant le lever du soleil le dimanche de Pâques.
Selon les endroits, la façon de puiser l'eau comporte tout un rituel. Certains la ramassent en silence depuis le lever, d'autres en priant, mais la plupart s'entendent pour qu'elle soit recueillie à contre courant, c'est-à-dire dans le sens inverse d'où elle coule sous peine qu'elle ne se conserve pas.
La croyance affirme que cette eau miraculeuse ne se corrompt pas d'une année à l'autre. Tout comme les rameaux et les cierges bénits, l'eau de Pâques semble remplir aux yeux des croyants la fonction de protection contre certaines maladies et certaines catastrophes naturelles. Il suffit d'en boire ou d'en asperger les objets.
Une fois les bouteilles et les seaux remplis, on en profite pour regarder le soleil se lever. Selon la luminosité du jour, on dit que le matin de Pâques le soleil danse pour souligner la résurrection du Christ.
La coutume de cueillir l'eau de Pâques est un rituel en perte de vitesse depuis que la religion est moins importante dans la vie des Québécois.
Cette cueillette a été transmise par les ancêtres français de la Bretagne et de la Normandie mais son origine remonte à d'anciens rites païens autour des fêtes du printemps.
Selon les lois de l'Église, chaque fidèle a l'obligation de communier au moins une fois l'an. Le temps de Pâques semble tout désigné pour accomplir ce devoir. Pour pouvoir participer à la communion pascale, il faut cependant être «pur» et bien préparé, c'est-à-dire s'être confessé de ses péchés et avoir obtenu l'absolution du prêtre. L'expression «faire ses pâques» désigne cette obligation de l'Église qui accorde toutefois aux chrétiens la chance de s'exécuter entre le mercredi des Cendres et le dimanche de la Quasimodo, soit celui qui suit le dimanche de Pâques.
La locution «Pâques closes» est une autre appellation de la Quasimodo qui, comme son nom l'indique, termine le cycle de Pâques. Parfois des retardataires ne trouvent pas le temps de faire leurs pâques pendant ce laps de temps ou sont de grands pécheurs.
On dit de ceux qui attendent la Quasimodo pour se confesser qu'ils font des «pâques de renard» par analogie à la finesse et à la ruse de l'animal. In extremis, ces catholiques peu empressés pensent obtenir l'absolution plus facilement car le confesseur ne saurait leur refuser.
On a aussi émis l'hypothèse que l'expression «pâques de renard» avait un certain rapport avec les mots «retard» et «remords» dont ils seraient dérivés.
Malgré tout, une croyance bien québécoise est née comme châtiment divin autour de ceux qui négligent quand même de faire leurs pâques. Après sept ans consécutifs, ils risquent de se transformer en loup-garou.
Au Québec, l'imaginaire religieux s'est emparé de cette croyance et on compte de nombreuses anecdotes ou légendes sur ce thème. Le malheureux ou la malheureuse atteint par cette malédiction est condamné à «courir le loup-garou», c'est-à-dire à errer la nuit à travers la campagne sous la forme d'un grand chien noir, d'un veau ou d'un cochon.
Pour délivrer le loup-garou de sa métamorphose, il s'agit de lui faire couler une goutte de sang au moyen d'un outil en le blessant. En général, le loup-garou ainsi délivré est reconnaissant envers son bienfaiteur et lui demande la plus grande discrétion sur son identité. Les écrivains québécois Pamphile Lemay et Louis Fréchette ont immortalisé cette légende de tradition orale au début du XXe siècle quand la croyance encore vivante servait d'avertissement aux chrétiens.
De nos jours où la religion occupe une place moindre, la métamorphose en loup-garou n'est plus une menace.

source; réseau des archives du Québec
les us et coutumes de Pâques !
Le lapin de Pâques;
Le lapin de Pâques doit son origine à une ancienne culture orientale. A l'origine c'était un lièvre de Pâques. On ne sait pas au juste quand le nom fut changé et pourquoi. Les lapins étant très prolifiques, ce symbole en est sûrement un d'abondance.
C'est en Allemagne qu'on associa pour la première fois le lapin de Pâques avec les œufs de Pâques pour célébrer le printemps. Les enfants fabriquaient des nids de feuilles, de mousse ou d'herbe et les plaçaient dans le jardin. Ils croyaient que durant la nuit de Pâques, le lapin remplirait les nids d'œufs multicolores. Au Texas, les gens continuent une autre tradition allemande, les feux de Pâques. Ils croient que le lapin de Pâques fait brûler les fleurs sauvages pour obtenir la teinture avec laquelle il peint les œufs.

Les œufs de Pâques;
L'œuf est un autre symbole d'une nouvelle vie. Donner des œufs en cadeau à Pâques ou pour célébrer l'arrivée du printemps, est une tradition installée depuis des centaines d'années.
Les enfants d'Angleterre, d'Hollande et de France vont de maison en maison en quête d'œufs de Pâques. Cette une tradition similaire à celle que nous avons en Amérique du Nord, l'Halloween.
Les Russes orthodoxes eux font bénir les œufs à l'église et les font cuire pour leur déjeuner de Pâques. A Pâques, les petits allemands échangent des cadeaux camouflés dans un emballage en forme d'œufs.
Dans plusieurs pays du monde, on peint et on décore les œufs de Pâques. Dans certains pays la décoration des œufs est considérée comme un art. Les dessins sont tout d'abord tracés sur les œufs avec de la cire d'abeilles. Ensuite on trempe les œufs dans une teinture de couleur vive. La teinture colore la partie de l'œuf qui n'est pas recouverte par la cire.
En Pologne, les œufs sont décorés de lignes entrecroisées, de dessins en forme de pois, de plantes, de fleurs ou d'animal. On ne retrouve jamais deux œufs identiques.
Certaines personnes croient que les œufs de Pâques ont des pouvoirs magiques. Ils croient qu'en enterrant les œufs de Pâques peints à la main au pied d'une vigne, cela la fera pousser plus rapidement.
D'autres pensent que si l'œuf reste enterré pendant cent ans, le jaune deviendra un diamant.
Il semble que la coutume d'offrir des œufs ou des lapins en chocolat est d'origine commerciale. Après les privations du carême, les gens ont trouvée l'idée intéressante, de pouvoir se sucrer le bec après s'être privé de sucrerie en guise de sacrifice durant toute cette période.

L'arbre de Pâques;
La coutume de l'arbre de Pâques nous vient d'Allemagne. Tout d'abord pour vider l'œuf, on perce un trou à chaque extrémité de la coquille, on le vide en soufflant par le trou, la coquille sera décorée de différentes couleurs pour ensuite être accrochée à l'arbre.

Les petits poussins;
Évidemment, les petits poussins sont le symbole d'une vie nouvelle. Il y a très longtemps, certaines personnes trouvaient très surprenant de voir ces petits êtres vivants sortir d'un œuf qu'ils croyaient mort.

La brebis de Pâques;
La brebis a toujours eu une consonance religieuse et a depuis le commencement des temps représenté la pureté et l'innocence. Il y a très longtemps, la brebis était porteuse de chance. Il existait une superstition à l'effet que le diable pouvait prendre la forme de n'importe quel animal à l'exception de la brebis.

Le lys de pâques;
Le lis figure parmi les plantes à bulbes les plus majestueuses. D'après la mythologie, cette fleur serait apparue sur Terre d'une goutte de lait tombée du sein d'Héra. Aphrodite par jalousie, aurait souillé cette blancheur de la tâche jaune des étamines !
Au Moyen-âge, le lis se révèle dans tout son esthétisme et est utilisé sur les pièces et les cachets de cire dès le Vème siècle. Il orne l'extrémité du sceptre royal et sculpte le côté des couronnes.
Cette fleur est originaire d'une île près du Japon. Le lys est connu pour être un symbole de Pâques et de l'arrivée du printemps. Depuis des centaines d'années le lys est reconnu comme un symbole de pureté et de sainteté.
Une légende dit que quand Jésus passait quelque part, toutes les plantes et les animaux de la terre baissaient la tête devant lui en guise de respect. Tous sauf le lys. Il était beaucoup trop beau et trop orgueilleux. Quand il vit Jésus sur la croix, le lys courba la tête pour la première fois, et on dit que depuis ce jour, le lys continu à courber la tète en guise de respect.
Considérez comment croissent les lis des champs; ils ne travaillent point, ils ne filent point; Et cependant je vous déclare que Salomon même dans toute sa gloire n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux.
BIBLE, Évangile selon Saint Matthieu, VI, 28-29

Les vêtements neufs;
A l' origine, une des premières raisons qu'avaient les gens de porter de nouveaux vêtements à Pâques était qu'ils en avaient assez des vêtements portés depuis le début de l'hiver. Les couleurs vives remplaçaient les couleurs ternes de l'hiver. Certains croyaient que de porter un nouveau vêtement la journée de Pâques, leur porterait chance tout au long de l'année.

Les brioches du Vendredi Saint ;
Dans plusieurs pays du monde on cuit et on mange les brioches de Pâques, plus communément appelé "Hot cross buns". C'est le seul temps de l'année où l'on retrouve ce genre de brioche. Elles sont marquées d'une croix sur le dessus. Autrefois, les gens les mangeaient parce qu'ils croyaient qu'elles leur apporteraient la santé tout au long de l'année.

Le jambon de Pâques;
Il y a de cela des centaines d'années, en Angleterre on commença à manger du jambon le Dimanche de Pâques. Cette coutume est maintenant répandue à travers le monde. Le porc est un symbole de chance dans plusieurs pays. Pour souhaiter bonne chance en Allemagne on dit " Schwein haben", ce qui signifie "Aie un cochon". Les Allemands continuent de croirent que de posséder un cochon porte chance.

Morris Dancers;
Dans certaines parties de l'Angleterre, le Dimanche de Pâques on danse dans les rues, les danseurs appelés "Morris Dancers" portent des chemises blanches, une large ceinture rouge et un chapeau de paille auquel sont attachées de petites banderoles qui volent au vent quand ils dansent. Des rubans rouges et verts sont enroulés autour du genou au bas de leur pantalon noir. La tradition des "Morris Dancers" qui existe depuis des centaines d'années, s'est répandue à travers plusieurs pays d'Europe, et on se dispute maintenant le droit de son origine.

Les sorcières de Pâques;
En Finlande, les enfants célèbrent Pâques d'une façon bien particulière. Ils dessinent des images de sorcières sur des feuilles de papier et y ajoutent leurs vœux. C'est habillé en sorcières que les enfants distribuent eux-mêmes les cartes à leurs amis. Des pétards explosent tout le long des rues pendant que les enfants font la distribution afin d'éloigner le mauvais sort.

Les Cloches;
En bronze du temps des Celtes, qui en sont à l'origine, ou depuis peu en chocolat parfois, les cloches annoncent à Pâques la résurrection de Jésus-Christ.
Elles reviendraient de Rome où elles auraient fait le plein d'œufs en chocolat après avoir été bénies ! Les cloches sonnent gaiement le jour de Pâques, après être restées muettes pendant toute la semaine sainte, Jeudi, Vendredi et Samedi saints étant des jours de deuil et de recueillement.
Pour annoncer les différents moments de la journée, l'angélus, les offices religieux, les crécelleurs (des enfants, le plus souvent les enfants de chœur) passent dans toutes les rues du village en faisant tourner leurs crécelles et crient : " C'est l'angélus...", chaque appel ponctué d'un tour de crécelle.
Quand les cloches reprennent du service lors de la nuit pascale, les crécelleurs cessent le leur ! Ils font alors ensuite le tour du village pour quêter œufs et argent.
Autrefois, on faisait tinter les cloches lorsqu'une femme accouchait afin d'écarter les mauvais esprits et de favoriser la naissance. Dans les Pâques chrétiennes, outre la renaissance de Jésus-Christ, les cloches annoncent "l'accouchement printanier" de Mère Nature...

Le chapeau de Pâques;
On a du mal à l'imaginer, mais autrefois presque toutes les femmes avaient au moins un chapeau pour chaque saison de l'année;chapeaux de paille pour le printemps et l'été, et de feutre ou de fourrure pour l'automne et l'hiver.
En bien des endroits, il était de tradition pour les femmes de parader avec leurs nouveaux chapeaux de printemps à Pâques.
Les femmes de la classe moyenne supérieure avaient une vaste collection de chapeaux, qu'elles remplaçaient chaque année, pour agrémenter leurs tenues selon les heures du jour.
D'autres, de revenus plus modestes, demandaient à une modiste de remodeler ou de modifier le modèle de l'année antérieure pour le mettre à la mode de l'année.
Les chapeaux étaient portés dans tous les endroits publics, dans la rue, au restaurant, et aussi pour faire une visite, et au grand dam des spectateurs assis derrière au théâtre.

17 mars 2008
le temps des sucres !
à propos de,,,,,
Chaque printemps, le temps des sucres est toujours le bienvenu au calendrier de l'acériculteur et du friand des produits de l'érable.
D'une durée d'environ un mois, cette activité saisonnière s'inscrit dans la période du carême, marquée par le jeûne et la privation. Un dicton affirme d'ailleurs que Pâques commence quand finit le temps des sucres!
La saison des sucres s'accompagne de réjouissances et la cabane à sucre est souvent le théâtre de rencontres, de fréquentations et de jeux. Aujourd'hui, les nouvelles techniques de conservation des produits de l'érable prolongent cette saison pendant près de trois mois, soit du début mars à la fin mai. Une multitude d'activités sont organisées autour de cette production devenue industrielle et commerciale.
Encore de nos jours, les campagnes sont parsemées de cabanes à sucre familiales héritées de génération en génération. Dans les grandes régions acéricoles, le paysage offre davantage de cabanes adaptées pouvant accueillir plusieurs centaines de personnes. Transformés en salle de réception, restaurants ou salle de spectacle, ces lieux sont maintenant ouverts toute l'année mais conservent toujours un cachet particulier tout en étant plus accessibles à l'ensemble de la population.
D'une année à l'autre, le sucrier adapte ses activités en fonction de la température, facteur déterminant pour la production. En fait, l'eau d'érable provient de la sève des branches qui gèle lors des nuits froides d'avril. Lorsque la température augmente le jour, cette sève redevient liquide et descend vers les entailles placées sur le tronc au bas des branches.
Afin que la sève coule abondamment, le thermomètre doit descendre près du point de congélation la nuit et remonter le jour, sans toutefois que la neige ne fonde trop rapidement ou que la pluie ne découvre trop vite le pied des érables entaillés.
Il existe une centaine d'espèces d'érables dans le monde entier dont plusieurs en Chine et au Canada, mais seulement trois espèces fournissent une sève de bonne qualité et en quantité suffisante. Il s'agit de l'érable à sucre (acer saccharum), de l'érable rouge (acer rubrum) et de l'érable argenté (acer saccharinum) aussi appelés «plaine rouge» et «plaine blanche».
La sève de l'érable à sucre a une plus forte teneur en sucre que les deux autres espèces, ce qui donne un produit dont la qualité et la saveur sont supérieures. De plus, l'érable à sucre peut vivre jusqu'à 250 ans, soit de 100 à 125 années de plus que l'érable rouge et l'érable argenté (Dorion, 1997 : 85). C'est pourquoi cette espèce est généralement dominant dans le paysage des érablières québécoises.
façon de faire le sirop en 1919:

remonter aux sources !
«Bien avant l'arrivée des Européens en Nouvelle-France, les Amérindiens connaissent bien la cueillette de la sève d'érable et ils fabriquent même du sucre d'érable à des fins commerciales dès le début du XIXe siècle» (Séguin, 1963 : 21).
C'est cependant au début du XVIIIe siècle que les habitants de la Nouvelle-France tirent parti du savoir-faire des Amérindiens. À cette époque, un nombre important de sucriers exploitent des érablières situées sur les terres de la Couronne ou de la seigneurie ne leur appartenant pas. On construit alors une place de feu et un abri temporaire, parfois monté sur les «cordes de bois de chauffage», démolis à la fin de chaque saison de sucre.
Si dans certaines régions l'érablière se trouve au bout des terres d'un cultivateur et lui permet de revenir à la maison quotidiennement, dans d'autres régions, une trop longue distance de la maison oblige le sucrier à s'établir plus adéquatement pour la durée complète du temps des sucres. On commence à construire des cabanes à sucre permanentes dans la première partie du XIXe siècle.
cabane à sucre en 1926:

Un peu d'histoire !
De tous temps, la cueillette de l'eau d'érable a exigé les mêmes opérations d'entaillage et de fabrication. Seul l'équipement a subi une évolution marquée.
Les Amérindiens font une entaille en forme de V dans le tronc de l'arbre au moyen d'un tomahawk. Au bas de l'entaille, ils fixent dans l'écorce un copeau de bois qui achemine la sève dans un récipient d'écorce déposé au pied de l'arbre. Il semble qu'une lame de couteau ou un tuyau de plume inséré dans l'entaille peut également servir de conduit à l'eau sucrée qui s'égoutte.
«Quant aux premiers colons, ils entaillent à la hache et enfoncent une goutterelle (ou goudrille), généralement en bois de cèdre, dans l'entaille pratiquée. Au pied de l'arbre, une auge creusée à même une pièce de bois reçoit la sève» (Séguin, 1963 : 6, 21-22). «Vers 1830, des baquets de bois remplacent les auges qui sont plus tard changées par des récipients d'écorce, puis par des chaudières en bois et enfin par des chaudières en fer-blanc, fixées à l'arbre au moyen d'un clou.» (Dupont, 1975 : 31-32)
La technique d'entaillage reste longtemps la même et ce n'est que vers 1885 que la goutterelle de bois est remplacée par une goutterelle de fer-blanc. Celle-ci est enfoncée dans l'arbre à coups de marteau. À la même époque on commence aussi à entailler à la gouge qui endommage moins les arbres que la hache.
Vers 1920, on découve une manière encore moins dommageable d'entailler les érables à sucre : la mèche. Un trou percé dans l'arbre à l'aide d'une mèche et d'un vilebrequin permet ensuite d'y insérer un chalumeau en fer-blanc, puis l'aluminium remplace le fer-blanc dans la fabrication des chalumeaux et des chaudières.
Aujourd'hui dans la plupart des érablières d'importance, le principe d'entaillage est sensiblement le même : les matériaux ont changé et le chalumeau est conçu pour s'adapter à un système de tubulures en plastique qui conduit l'eau de l'érable à la cabane.
«Courir les érables», c'est-à-dire faire la récolte de l'eau d'érable représente la besogne la plus exigeante du temps des sucres. Lorsque la sève coule abondamment, les «tournées» doivent être quotidiennes afin d'éviter le gaspillage et préserver la fraîcheur du produit.
Pendant plus de deux siècles, la tournée de l'érablière se fait en raquettes à neige. Équipés d'un joug auquel sont suspendus deux seaux ou attelés à un traîneau, le sucrier et ses aides recueillent l'eau accumulée dans les auges ou chaudières, qu'ils transvident dans des tonneaux de plus grandes dimensions placés le long d'un chemin de cabane. Bien sûr, le trajet est fait de manière à économiser le temps et les pas.
Vers la seconde partie du XIXe siècle, on bat des chemins pour permettre le passage d'un bœuf et plus tard d'un cheval attelé à un traîneau qui peut transporter un ou deux tonneaux remplis à pleine capacité. L'eau d'érable est ainsi acheminée à la cabane.
C'est seulement vers les années 1950 que le transport motorisé fait son apparition dans les érablières d'importance et qu'il remplace peu à peu le cheval ou le bœuf pour hâler le traîneau. Le principe de fabrication du sirop ou du sucre d'érable par évaporation de l'eau est le même depuis ses débuts. «Les Amérindiens font bouillir la sève des arbres, qu'il s'agisse de l'érable à sucre, de l'érable rouge, du merisier, du hêtre ou du noyer, dans de grands chaudrons d'argile alimentés par un feu creusé dans le sol» (Séguin, 1963 : 9).
Les habitants de la Nouvelle-France utilisent quant à eux des chaudrons de fonte pendant près de deux siècles. L'évaporation se fait alors en plein air où les chaudrons sont suspendus à une bille de bois appelée brimbale qui sert de potence au-dessus du feu. Vers 1850, on commence à installer des bouilloires sur des voûtes en pierre sous lesquelles était logé le feu. Vers 1865, la bouilloire de tôle de Russie, à fond plat, fait son apparition. Ce n'est toutefois qu'à la fin du XIXe siècle que l'évaporateur muni de casseroles en métal améliore de beaucoup le rendement et la qualité du sirop d'érable.
Aujourd'hui dans certaines érablières domestiques, on s'adonne encore par plaisir aux méthodes anciennes de récolte d'eau d'érable. Dans le cas des installations commerciales, la technologie moderne a supprimé cette étape du travail puisque les érables sont reliés entre eux par un système de canalisation qui dirige l'eau directement aux réservoirs de la cabane.

de coutume en coutume !
La cabane à sucre traditionnelle est de dimensions restreintes. Elle loge l'équipement du sucrier et le strict nécessaire pour ses besoins car presque tout se déroule en plein air. Autrefois quand un jeune homme se voyait confier la responsabilité de la cabane à sucre et des tâches du sucrier, il s'agissait d'une étape importante de sa vie, d'un véritable rite de passage à l'âge adulte. Cette responsabilité tenait du privilège.
Le temps des sucres est généralement associé à des moments d'agrément. Lorsque le travail le permet, les voisins de sucrerie aiment bien se retrouver à la cabane de l'un ou de l'autre pour se donner un coup de main et se divertir. La famille et les amis s'y donnent rendez-vous pour une partie de sucre. Les invités apportent leurs provisions de nourriture ou les propriétaires les reçoivent pour le repas, quelquefois moyennant une petite contribution monétaire. Dans tous les cas, les produits de l'érable sont disponibles sur place, à satiété.
Encore aujourd'hui, la coutume d'aller une fois par année à la cabane à sucre prendre un repas formé de mets typiquement «canadiens» est une tradition des plus populaires. Les parties de sucre sont toujours très animées : jeux de cachette dans le bois, combats de balles de neige, rallyes, récits d'anecdotes, musique, chansons et danses, bien arrosés des boissons de la maison qui font la bonne ou la mauvaise réputation des cabanes à sucre.
Mais les parties de sucre d'autrefois semblent n'avoir mené que rarement à des excès ou à des situations dramatiques. Les gens se livraient plutôt à des jeux comme le «barbouillage» ou le «noircissage». Les joueurs de tours se frottaient le visage avec de la suie ou de la tire et s'organisaient pour «beurrer» la figure d'un invité en le prenant par surprise. Ce dernier trouvait une autre victime de sorte qu'à la fin, tout le monde se retrouvait «maquillé».

Clin d'oeil sur nos traditions !
Associés à une forme de sagesse populaire, nombreux sont les dictons qui concernent le temps des sucres et toutes les étapes de transformation de l'eau d'érable. La Beauce, une des régions du Québec les plus renommées pour ses produits de l'érable, ne fait pas défaut lorsqu'il s'agit de communiquer sa science en la matière.
Voici quelques dictons parmi les plus répandus autour de la saison des sucres. (Doyon, 1950 : 65-66)
- Quand février a cinq dimanches, les sucres sont avancés d'un mois.
- Quand les «bibites à sucre» arrivent, c'est le temps d'entailler.
- Quand l'eau d'érable coule très sucrée, c'est signe d'un petit printemps.
- Quand le temps est nuageux, c'est signe d'une grosse coulée.
- La «masse» du sucre, ça se fait dans le croissant de la lune d'avril.
- Quand la neige est en gros sel, les sucres achèvent.
- Quand la débâcle est arrivée, c'est le temps de cabaner.
Comme pour l'eau de Pâques, on attribuait autrefois des vertus curatives à la sève de l'érable. Transmis d'abord par les Amérindiens, le savoir populaire entourant les bienfaits de ce produit naturel s'est répandu par la tradition orale et s'intègre de nos jours à des ouvrages de médecine populaire. Plusieurs témoignages rapportent des remèdes à base de sève qui, croit-on, soulageraient les maux d'estomac, de cœur, de poitrine et de gorge, ou encore des affections comme le rhume. Ne dit-on pas en langage populaire que les «érables coulent» lorsqu'une personne a le rhume?
Pris en tablette ou en sirop, le sucre d'érable pouvait lui aussi servir de remède pour les maladies des bronches tandis que le «sucre de râche» fait des résidus de sucre accumulés au cours de la saison, était utilisé pour le soin des animaux, entre autres pour soigner les chevaux malades du «souffle», c'est-à-dire d'essoufflement.
L'usage de l'eau d'érable à des fins thérapeutiques demeure une pratique qui relève d'un savoir populaire certes non reconnu mais, prise en grande quantité, cette eau sucrée a assurément son effet.
Dans la culture traditionnelle, mars avec son renouveau printanier est la saison la plus favorable aux amours : la randonnée à l'érablière, la tournée en raquettes, le repas en plein air ou la soirée à la cabane sont autant de moments propices aux rencontres entre jeunes gens.
En effet, dans bien des cas, ces lieux éloignés de la surveillance habituelle inquiétaient parfois les bien-pensants qui y voyaient des occasions de s'éloigner du droit chemin.
Il n'y a pas si longtemps, en mars 1949, la Ligue du Sacré-Cœur, par le biais du journal L'Action catholique faisait des mises en garde sérieuses aux propriétaires de cabane à sucre.
Par l'offrande discrète d'un petit cœur en sucre d'érable, le prétendant un peu timide pouvait manifester son amour à l'élue de son cœur.
D'autres, moins réservés, pouvaient graver des «Je vous aime beaucoup» dans le bois des moules à sucre. La fiancée qui recevait ainsi un cœur de son amoureux devait formuler un vœu à la première bouchée. Tout le monde connaissait le vœu en question. Il ne restait plus que la date des noces à connaître.
Des sucriers inscrivaient sur les murs de leur cabane ces rencontres amoureuses officielles tandis que plusieurs témoignages font état de rendez-vous clandestins et d'aventures extraconjugales du temps des sucres.

Les moules à sucres !
Les moules à sucre fabriqués en bois de pin, d'érable, de merisier ou de frêne sont apparus vers la fin du XVIIIe siècle. Avant cette époque, ils étaient faits d'écorce de bouleau et même, semble-t-il, de cartes à jouer.
Évidemment, les spécimens de ce genre, déchirés après usage, n'ont pas été conservés. «Des ustensiles de cuisine telles les jattes, terrines, soupières ou saucières ont aussi longtemps servi à la fabrication du sucre d'érable» (Séguin, 1963 : 1).
Parmi tous les genres de moule utilisés au Canada (moule à beurre, à fromage, à pâtisserie, à chandelles, etc.), les moules à sucre représentent dans bien des cas de véritables petits chefs-d'œuvre d'art populaire. Le poisson (à noter que le poisson d'avril arrive durant la saison des sucres), la croix et le cœur (dont le cœur saignant est la plus ancienne représentation du genre) figurent parmi les motifs les plus à la mode. Par delà leur fonction utilitaire, les moules à sucre, à matrice simple ou de fabrication parfois sophistiquée (par exemple dans le cas de maisonnettes) font de nos jours l'envie des collectionneurs d'art populaire.
la tubelure:
les chaudières:

maintenant il est temps de faire bouillir l'eau d'érable:



source; réseau des archives du Québec
18 mars 2008
le poisson d'avril !
à propos de ,,
Le premier avril n'est pas une fête à proprement parler mais plutôt une journée consacrée à l'humour et aux facéties.
L'origine des coutumes liées à cette journée demeure obscure et controversée et comporte plusieurs hypothèses, notamment sur les liens qui existent entre le premier jour d'avril et le poisson comme symbole.
Dans toutes les mythologies, le poisson est symbole de vie et de fécondité. Il est associé à la naissance par la profusion de ses œufs et au printemps, saison de régénération puisqu'à cette période, début avril, la nature sort d'un long hiver.
On a dit aussi que l'expression «poisson d'avril» tirait son sens du fait que les jeunes poissons du printemps sont plus faciles à attraper.
Pour les peuples indo-européens, le poisson est un symbole de sagesse et de bonté relié au culte du dauphin. Souvent représenté sous la forme d'un dauphin, le Christ est associé au poisson car il prêcha l'amour du prochain et aima les hommes jusqu'à donner sa vie pour eux sur la croix.
Le mot grec ichtus qui signifie «poisson» vient d'ailleurs des initiales d'une phrase grecque Iesou Christos Theou Uos Sauter qui se traduit par: Jésus-Christ Fils de Dieu, Sauveur.
À l'origine, la figure du poisson est l'emblème des premiers chrétiens qui en firent un signe de ralliement et de reconnaissance. Par l'eau, élément féminin, source de toute vie, le poisson est associé au sacrement du baptême. «La plongée dans l'eau et la sortie de l'eau sont la réalisation sacramentelle de la mort et de la résurrection du Christ qui est à la base de toute la pensée chrétienne» (Lachèroy, 1981: 33).
Le baptême devient en ce sens pour les Chrétiens une sorte de résurrection mystique, rappel de la promesse de Jésus à ses premiers disciples de faire d'eux des «pêcheurs d'hommes». De plus, le rite du baptême s'insère dans une symbolique plus large qui rejoint tous les rites de purification par l'eau, nécessaire pour accéder au renouveau, à la régénération.
Si vous êtes nés sous le signe des Poissons, méfiez-vous particulièrement en cette journée car vous pourriez être une victime idéale que l'on aimerait faire mordre à l'hameçon. Si vous aimez rire, voyez nos suggestions pour passer un premier avril tout en humour sous le thème du poisson !
remonter aux sources !
L'origine du poisson d'avril intrigue encore de nos jours, d'autant que les hypothèses semblent aussi farfelues que les coutumes elles-mêmes.
Certains la font remonter à l'Antiquité, d'autres au Moyen Âge et d'autres, à la Renaissance.
L'expression «poisson d'avril» a été retracée dans des documents antérieurs à 1564, ce qui atteste une origine plus lointaine. Une autre expression, immortalisée dans la deuxième moitié du XVIe siècle dans un poème de Ronsard, lui est associée. «Poisson de caresme» fait allusion au fait de manger du poisson pendant le carême, cette période de quarante jours de pénitence où il fallait faire maigre et jeûne.
Comme la date du 1er avril devait souvent se trouver pendant cette période, on comprend l'allusion au poisson.
Ce ne serait qu'au XVIIe siècle par contre qu'on prit l'habitude d'associer les plaisanteries du poisson d'avril au premier du mois car on aurait perdu entre-temps l'origine de l'expression. Le poisson en général acquit une mauvaise réputation du fait qu'en certains endroits il se retrouvait trop souvent sur la table.
Quelques proverbes d'ailleurs témoignent de ces aspects négatifs: Poisson fait poison ; Après poisson, noix en poids (estime) sont ; Hareng donné à l'homme grand tourment ! ; Si hareng put c'est nature, si fleure bon c'est aventure !
Certains se sont aussi penchés sur l'existence d'une espèce de poisson qui aurait pu être à l'origine de l'expression poisson d'avril.
En Europe, le hareng connut une réputation semblable à cause de son prix modique mais l'arrivée d'un nouveau poisson, le maquereau, pêché spécialement de la fin mars au début avril, a sans doute contribué à rendre l'association plus vraisemblable.
Pauvre maquereau ! On lui fit endosser tous les maux et il en vint à symboliser un entremetteur et un mauvais garçon. Aussi, l'expression «c'est un poisson d'avril» s'est étendue à toute plaisanterie ou toute mystification, peu importe le jour de l'année.
Le poisson d'avril pourrait donc avoir un lien avec la saison de la pêche qui débute autour du premier avril dans certains pays d'Europe. Cette hypothèse, bien que contestée par des historiens n'ayant trouvé dans les documents aucune mention de l'ouverture de la pêche à cette période de l'année, a permis de faire une transposition: comme l'on croyait qu'à ce moment de l'année la pêche était infructueuse (cela correspondait plus ou moins à la période du frai), certains y ont vu une occasion «d'attraper les gens» à défaut d'attraper du poisson. D'où l'expression: «Tous les poissons ne sont pas dans l'eau !».
On prétend que cette coutume serait d'origine française et que l'usage se serait répandu en Italie au milieu du XIXe siècle. De la France, elle aurait été transportée en Angleterre puis en Allemagne aux deux ou trois derniers siècles, et enfin en Pologne au XVIIe siècle.
La coutume ne fait pas partie des traditions de l'Espagne et du Portugal, mais on observe des faits semblables dans ces pays autour du 28 décembre.
D'autres font remonter l'origine du poisson d'avril à une ancienne coutume juive qui consistait à renvoyer d'une personne à une autre quelqu'un dont on voulait se moquer.
C'est ce qui serait arrivé à Jésus-Christ lors de son jugement. Arrêté la nuit du 2 ou 3 avril, les Juifs l'auraient promené d'un tribunal à l'autre, passant de Anne, grand prêtre des Juifs à Hérode, de Hérode à Pilate, puis à Caïphe pour enfin retourner devant Pilate qui s'en lava les mains, selon l'évangile de Saint-Jean (La Sainte Bible, 1956: 100).
Dans l'histoire religieuse, ce périple, nommé la Passion de Jésus-Christ, est marqué par une promenade sinueuse entre le pouvoir religieux et le pouvoir civil. L'expression populaire passer de Caïphe à Pilate tire sa signification de cet épisode.
Certains croient, en vertu de cette hypothèse, que le mot «poisson» ne serait qu'une déformation du mot «Passion» et que de là viendrait l'usage de se moquer de quelqu'un en lui faisant courir le poisson d'avril.
Un peu d'histoire!
Au Moyen Âge, il était d'usage de jouer des «mystères» sur la place publique, un genre théâtral où l'on mettait en scène des moments de la vie de Jésus ou des sujets religieux. L'épisode de la Passion fut sans doute un moment particulièrement prisé. Il a d'ailleurs été repris récemment avec le même esprit dans le film québécois Jésus de Montréal où la Passion était jouée sur le Mont-Royal.
Or, comme certains y ont vu une occasion de parodier la passion du Christ, le fait de renvoyer de l'une à l'autre une personne que l'on souhaite ridiculiser ou faire marcher viendrait peut-être de ce jeu théâtral par analogie.
Tout aussi douteuse, l'hypothèse suivante tient plus de la légende. On raconte que François 1er, duc de Lorraine, fut fait prisonnier de Louis XIII (plus probablement Louis XV) et qu'il s'échappa à la nage un premier avril du Château de Nancy où il était gardé, «ce qui aurait fait dire aux Lorrains que c'était un poisson qu'on leur avait donné à garder» (Laliberté, 1980: 81).
Cette anecdote se situerait dans la première moitié du XVIIIe siècle et serait liée aux événements de la guerre de Succession de Pologne qui valut la Lorraine à la France.
L'hypothèse que l'on mentionne habituellement comme la plus plausible est celle du Roi Charles IX qui aurait restitué en 1564 le 1er janvier comme premier jour de l'année.
À cette époque, il semble que c'était le 1er avril qui marquait le début de l'année, fixé d'après le christianisme au premier jour du mois le plus près de Pâques, jour de la Résurrection.
Par ailleurs, le calendrier Romulus qui commençait par le mois de mars explique le fait que dans notre calendrier actuel les mots septembre (septième), octobre (huitième), novembre (neuvième) et décembre (dixième) soient restés. Comme au premier jour de l'an, il était coutume d'échanger des étrennes.
Cette habitude se transposa au 1er janvier grâce à Charles IX, mais on suppose que certaines personnes s'accommodaient mal de ce nouveau régime et qu'elles continuèrent à donner de faux cadeaux ou des cadeaux burlesques au premier avril en rappel des étrennes, ce qui aurait donné lieu aux facéties du poisson d'avril.
de coutume en culture !
L'usage de se mystifier les uns les autres le premier avril semble bien ancré dans les habitudes des Québécois.
Cet aspect humoristique des coutumes revient à l'occasion de plusieurs fêtes. Pour souligner le premier avril, on retrouve trois catégories de plaisanterie: accrocher des poissons de papier au dos de quelqu'un à son insu, envoyer des cartes anonymes et faire courir le poisson.
Il est toujours amusant de voir quelqu'un se promener sur la rue ou dans un édifice public avec un poisson de papier placardé au dos. C'est le tour préféré des plus jeunes qui s'amusent à accrocher des poissons à l'insu des personnes, souvent au dos de leurs parents ou de leur professeur.
Anodine, cette coutume pourrait remonter à l'Antiquité. Chez les Romains, le mois d'avril était consacré à la déesse Vénus, qui est née de l'écume de la mer selon la mythologie, d'où son association au poisson. Une grande fête en l'honneur de la déesse ouvrait les festivités du mois à laquelle étaient conviées les mères du Lathium, les jeunes épouses et toutes les courtisanes. «Le Jour des Aphrodisies, les adeptes de Vénus Aphrodite ont adopté le poisson comme emblème.
Les courtisanes qui se rendaient au temple de la déesse subissaient toutes sortes d'avanies: on les barbouillait "de suie" et on attachait à leur robe des morceaux d'étoffe ou de cuir en forme de poisson.» (Rodrigue, 1983: 97)
Aujourd'hui, la coutume s'est quelque peu transformée pour conserver le seul côté humoristique.
Tout comme l'envoi de valentins anonymes, la coutume d'envoyer des cartes non signées le jour du premier avril a eu cours au Québec au XIXe siècle et au début du XXe siècle.
Achetées chez les libraires, ces cartes humoristiques avec des représentations de poisson étaient destinées à faire rire et à se moquer. Il arrivait aussi qu'on envoie un simple poisson de papier dans une enveloppe.
Parfois l'expéditeur dévoilait son identité au cours de l'année mais le plus souvent le destinataire restait dans le doute. Il était aussi d'usage que les garçons envoient à leur fiancée une carte à l'occasion du premier avril accompagnée d'un cadeau en forme de poisson.
Comme le premier du mois d'avril survient parfois pendant le temps de sucres, on a retrouvé au Québec parmi les accessoires utilisés dans cette production artisanale plusieurs moules à sucre ayant une forme de poisson.
La coutume de faire courir le poisson d'avril peut prendre diverses formes mais règle générale, il s'agit de faire marcher quelqu'un en l'envoyant chercher un objet inexistant, en lui donnant une mission impossible ou encore en jouant un tour dont l'objet se rapporte à la thématique du poisson. Le tour est réussi lorsque la personne a mordu, c'est-à-dire qu'elle s'est fait prendre au jeu.
Plusieurs types de tours sont envisagés, des plus spontanés à ceux planifiés de longue date. Lorsqu'on réussit à faire courir un vrai poisson ingénieux, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre et l'année suivante on en reparle généralement encore.
S'il est des mystifications stéréotypées refaites d'années en années, certaines sont plus originales et rivalisent en imagination. Parmi les tours classiques, on compte les fausses indications, les fausses convocations, les fausses informations de type canular divulguées entre autres à la radio et à la télévision, les faux messages au téléphone, les fausses commandes et les fumisteries générales.
• Fausses indications
Quelqu'un s'écrie «Regarde donc l'oiseau !» et si l'autre se retourne pour regarder, on lui dit «poisson d'avril !». Il n'y a évidemment pas d'oiseau. Même scénario simpliste pour faire regarder un veau qui a deux têtes et une queue de poisson, ou encore: «Y'a d'l'eau dans la cave et ça grouille» ou bien «Tu perds quelque chose». À chaque fois, on risque de se faire dire «poisson d'avril !» Ces mystifications sont beaucoup exploitées par les enfants.
• Fausses convocations
Une amie se dit malade et appelle quelqu'un à son chevet prétextant avoir besoin de médicaments ou de soins ce qui entraîne un déplacement inutile. Envoyer l'entrepreneur de pompes funèbres chercher un prétendu mort au domicile de quelqu'un qui ne l'est pas. Convocation de personnes le même jour à la même heure chez les uns et les autres de sorte que personne n'est au rendez-vous. Donnez rendez-vous à une adresse qui n'existe pas ou au sous-sol d'un bâtiment qui n'en comporte pas.
• Fausses informations médiatisées (canulars)
Ce sont les poissons d'avril préférés des Français: «Assez régulièrement, il est dit que la tour Eiffel serait démontée. Il a été affirmé qu'un décret promulguait l'obligation d'avoir deux roues de secours dans sa voiture. (...)
Une autre année, un journaliste informe que les virages à gauche s'avérant difficiles à négocier, le réseau routier ne comporterait dorénavant que des virages à droite.» (Corric, 1985: 95)
Au Québec, les médias ne donnent pas non plus leur place. L'an dernier, un poste de radio fit croire que des acériculteurs de la Beauce étaient prêts à acheter de la neige dans la région de Québec à raison de 20,00$ le voyage car ceux-ci n'en avaient plus pour la saison de sucres. Les gens téléphonaient à la station de radio pour dire de venir chercher la neige dans leur cour, même gratuitement. Après deux jours, l'animateur radio du matin dévoila la supercherie et exhorta les auditeurs de ne plus téléphoner.
• Faux messages au téléphone
Des plus simples... La personne décroche, répond et elle se fait dire: «Gardez la ligne» en allusion à une ligne de pêche ou «Gardez la ligne, est-ce que ça mord?» et si la personne s'en rend compte et raccroche le combiné, on la rappelle pour lui dire «poisson d'avril !». Dans les bureaux, il n'est pas rare de trouver une note demandant de rappeler Monsieur Poisson ou Monsieur S. Turgeon avec un simple numéro de téléphone.
À Québec, la réceptionniste de l'Aquarium de Québec ne compte plus les retours d'appel le premier jour d'avril par des victimes du poisson d'avril. Cette blague est reconnue pour en attraper plusieurs à chaque année. Les gens trouvent une note demandant de rappeler à un numéro sans savoir à quel abonné il correspond. ... aux plus élaborés
Un employé municipal téléphone chez lui pour signaler à sa femme un bris de tuyaux au village et lui demande de faire provision d'eau potable autant qu'elle peut. Celle-ci remplit plusieurs contenants et dans sa générosité, téléphone à quelques voisines pour leur transmettre cette information privilégiée. Son mari la rappelle quelque temps après et lui demande de vérifier s'il n'y a pas un poisson dans l'un des contenants.
• Fausses commandes
Parmi ce type de blagues, on retrouve des livraisons qui arrivent chez un destinataire sans qu'il ait commandé quoi que ce soit, comme cette résidente de la Grande-Allée à Québec qui avait reçu à sa porte un cortège de voitures qu'elle n'avait pas demandé elle-même. Les taxis n'eurent d'autre choix que de s'en retourner, faute de client.
• Fumisteries
Cette dernière catégorie de plaisanteries en a fait mordre plus d'un, naïf, enfant ou apprenti.
La blague consiste simplement à envoyer quelqu'un qui n'est pas sur ses gardes chercher un objet inexistant. Qui n'a pas entendu parler de la corde à virer le vent, du bâton sans bout ou encore de l'esprit en bouteille?
Ces objets, tous plus farfelus les uns que les autres, font des victimes idéales dans les milieux de travail souvent reliés à un métier ou dans les milieux de loisir. Ainsi, chez les menuisiers ou charpentiers, on envoie les apprentis chercher une «varlope à renfler le bois» ou «une mèche pour percer des trous carrés», alors que dans le milieu des imprimeurs, c'étaient «des espaces italiques» qu'on demandait au dernier entré de rapporter.
Une anecdote provenant d'un collège classique au Québec raconte que les élèves avaient envoyé l'un des leurs, plus faible en mathématique, emprunter l'hypoténuse du professeur. Restée célèbre, l'anecdote a donné lieu à l'expression «chercher son hypoténuse» qui signifie «ne pas avoir l'air intelligent».
En Acadie, l'expression consacrée est «faire pêcher le poisson d'avril». On a trouvé une mention d'un tour du même type: «Envoyer quelqu'un qui ne sait pas lire porter chez le voisin un papier sur lequel on écrit : Faites-le mordre». Le voisin, en voyant le mot écrit, dira plutôt: «J'en n'avons pas; aller chez un tel» (Chiasson, 1961: 215). Le stratagème continuera ainsi de suite jusqu'à ce que la victime se rende compte qu'on se moque d'elle.
Après cette description des tours et attrapes, il vaut mieux se surveiller et être aux aguets le jour du premier avril si on ne veut pas se faire prendre comme un poisson à l'hameçon.
Au Québec, comme en France, la coutume ne dure heureusement qu'une journée! En Acadie, les mêmes tours peuvent aussi se répéter le 30 du mois d'avril tandis que dans d'autres pays, les plaisanteries durent tout le mois.
Si tous les moyens sont bons pour se moquer des uns et des autres le premier avril, il faut aussi prendre garde de ne pas dépasser certaines limites. Bref, comme le dit si bien le dicton: «Au moment où commence avril, il faut avoir l'esprit subtil.»
Si le goût vous prend de faire courir le poisson, voici une liste d'objets farfelus qui ont tous déjà fait des victimes. À vous de choisir! Ayez soin de vous faire complice avec quelques-uns de vos amis au préalable car l'idée est de faire passer la victime d'une personne à une autre jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle a mordu à l'hameçon.
Vous pourriez ainsi envoyer quérir : • bâton à un bout • boîte à guillemets • brochet sans arêtes • casquette avec la palette arrière • clé des champs • chaîne pour rincer les bonbonnes • chaudière de boucane • chemin de la scie • copie du jugement dernier • échelle de faveur • équerre ronde • fil à couper le beurre • huile de coude • ligne de mire • moule à gants • moule à aiguille • moulin à boudin • pain mangé • passe-carreaux • poche de vapeur • poudre d'escampette • queues de grenouilles • sel dessalé • solution de continuité • seau de vapeur • tire-pousse • trajectoire du tir
Quelques suggestions...
Au prochain premier avril, faites-vous plaisir et organisez votre journée sur le thème du poisson et sous le signe de l'humour.
Constituez vos appâts sur mesure et tentez d'attraper quelqu'un de votre entourage. Au téléphone, c'est plus facile!
Voici quelques idées à réaliser si vous bricolez. Vous pouvez décorer une ou deux fenêtres de votre logis en faisant pendre du plafond des poissons confectionnés par vous de manière à reconstituer un aquarium vu de l'extérieur de votre maison. Choisissez des fenêtres visibles de la rue. N'oubliez pas de simuler les bulles d'oxygène dans l'eau en vous servant de la vitre et d'y ajouter des plantes vertes pour illustrer le fond de l'aquarium.
Si vous préférez cuisiner, concevez un menu à base de poisson comme la truite, le saumon ou le thon pour souligner cette journée. Pourquoi pas des sushis?
Si vous disposez de plus de temps, inventez un menu «farce» dont les ingrédients peuvent être remplacés par d'autres.
Par exemple, une tarte aux pommes peut devenir un pâté aux «pommes de terre» ou encore, les courgettes peuvent être substituées par des kiwis dans une crêpe farcie. À vous d'inventer et de surprendre vos invités !
clin d'oeil sur nos traditions!
En astronomie, les Poissons désignent une constellation zodiacale de l'hémisphère boréal.
Celle-ci se rapporte à l'une des douze parties qui compose la zone céleste et qui correspond ni plus ni moins aux signes astrologiques du zodiaque.
Les Poissons (19 février-20 mars) est le douzième signe du zodiaque et se situe juste avant l'équinoxe du printemps.
C'est en avril que le soleil quitte définitivement la zone zodiacale des Poissons. Toutes les particularités du signe correspondent à la place qu'il occupe dans l'année, c'est-à-dire au moment où l'hiver va devenir le printemps.
Saison intermédiaire, passage vers le renouveau printanier. Le signe des Poissons est un signe double, difficile à comprendre, marqué par l'ambivalence. Parfois, le Poissons nous glisse entre les doigts ou il disparaît au moment où on croit le saisir. Il est difficile à cerner.
Le signe transpire une ambiance d'attente et d'espérance face au renouveau mais l'intériorité, le recul ou le retrait propres aux signes d'hiver subsistent encore chez lui. De nature aussi introvertie qu'extravertie, les Poissons hésitent et parfois restent indécis.
Des personnalités nées sous le signe des Poissons:
L'actrice Ursula Andress
Le cinéaste Luis Buñuel
Le compositeur Frédéric Chopin
Le physicien Albert Einstein
L'acteur et auteur dramatique Sacha Guitry
Le compositeur Haendel L'écrivain Victor Hugo
L'actrice Isabelle Huppert
La militante socialiste Rosa Luxemburg
Le poète Stéphane Mallarmé
L'actrice Miou-Miou
Le sculpteur et peintre Michel-Ange
L'actrice Michèle Morgan L'actrice Ornella Mutti
Le danseur Nijinski L'écrivain Anaïs Nin
L'écrivain Marcel Pagnol
L'écrivain Raymond Queneau
L'empereur Charles Quint
L'actrice Madeleine Renaud
Le peintre Auguste Renoir
Le compositeur Gioacchino Rossini
Le philosophe Arthur Schopenhauer
L'actrice Elisabeth Taylor
L'écrivain Boris Vian
Avec la symbolique du signe, «nous entrons dans l'univers aquatique, immense, profond, mystérieux, des océans, où tout se fond et se confond, se mêle sans fin: le connu et l'inconnu, le fini et l'infini semblent ne plus faire qu'un, tandis qu'à l'horizon ciel et mer se rejoignent; notre vision n'est plus seulement humaine. C'est à une vision plus vaste, à une véritable vision cosmique que nous parvenons» (Lachèroy, 1981: 25).
En astrologie, le signe des Poissons symbolise donc le monde intérieur et ténébreux, le psychisme.
Curieusement, nous venons d'entrer dans l'ère du Verseau qui a succédé à l'ère des Poissons.
C'est le Christ qui fut l'élément principal de l'avènement de l'ère des Poissons comme Moïse luttant contre le culte du Veau d'or a marqué l'ère du Bélier qui succéda à celle du Taureau à l'époque babylonienne.
Il semble que «les premiers chrétiens célébraient la résurrection de Jésus au moment de l'équinoxe du printemps, le quatorzième jour de la Lune de mars; cette célébration avait donc lieu sous le signe des Poissons.
C'est seulement au IVe siècle que l'Église la fixa le premier dimanche après la pleine lune suivant le 20 mars, c'est-à-dire dans le signe du Bélier» (Lachèroy, 1981: 34).
Voilà pourquoi le Christ est associé au poisson et que celui-ci reste un aliment indissociable de la période du carême.
source; réseau des archives du Québec
10 mai 2008
La fête des Mères !
À propos de,,,,,,
Telle qu'on la connaît aujourd'hui au Canada, la fête des Mères nous parvient des États-Unis et s'inscrit dans nos mœurs depuis la fin de la première décennie du XXe siècle.
C'est à Anna Jarvis (1864-1948), originaire de Grafton en Virginie de l'Ouest, dont la mère est morte à Philadelphie le 9 mai 1905, qu'il revient d'avoir mis tout en œuvre pour instituer la fête des Mères au plan national.
Elle écrivit des milliers de lettres et plaida sa cause auprès des hommes publics afin qu'une journée soit consacrée aux mères. En 1907, un service religieux est célébré dans sa localité d'origine en l'honneur des mères américaines.
L'année suivante, la ville de Philadelphie observe le jour du 10 mai comme jour de la fête des Mères.
À partir de 1911, cette fête civique est célébrée dans la plupart des états américains et en 1913, elle sera même consacrée journée d'état en Pennsylvanie.
C'est cependant le président Woodrow Wilson qui, en 1914, en fait une fête officielle qui se tient le deuxième dimanche du mois de mai de chaque année. Le choix de cette date, faut-il le rappeler, coïncide avec la mort de la mère d'Anna Jarvis, début mai.
D'autres tentatives avaient été menées vers les années 1871-72 afin de créer une journée annuelle en l'honneur des mères et de la paix.
Cette fois, c'est à l'instigation d'une autre femme, Julia Ward Howe, qu'une célébration spéciale eut lieu à Boston et fut reprise tous les ans. L'idée émise par Julia Ward Howe gagna bientôt d'autres états comme le Kentucky et l'Indiana.
Remonter aux sources;
Des origines lointaines font remonter la fête des Mères et de la maternité à des traditions légendaires de l'Antiquité par leur rapport avec les célébrations printanières accordées aux déesses de la fertilité chez les Grecs et les Romains.
L'exemple de Rhéa, mère des dieux et aussi mère de Zeus, à qui les Grecs consacraient trois jours de festivités chaque printemps, ou encore les célébrations des «Matralia», ces femmes et mères honorées par les Romains, évoquent ce rapprochement.
De même, la Vierge Marie, mère entre toutes les mères pour les Chrétiens, jouit d'un culte particulier. Un hommage lui était rendu à ce titre, le quatrième dimanche avant Pâques, où des cadeaux, des fleurs et même des bijoux ou des métaux précieux lui étaient offerts.
Bien ancrée dans les coutumes québécoises parvenues jusqu'à nos jours, la tradition du mois de Marie durant tout le mois de mai témoigne de ce culte rendu à la Vierge.
Par ailleurs, en Angleterre, la tradition du Mother's Day, appelé aussi Mothering Sunday, célébrée le quatrième dimanche du Carême, est pratiquée dès le XVIe siècle.
En cette journée consacrée aux mères anglaises, les enfants venaient assister aux réunions familiales, les bras chargés de fleurs en témoignage d'affection.
Aussi, il était coutume pour le fils aîné d'emporter un gâteau spécialement décoré pour la circonstance et des biscuits fabriqués d'après une recette traditionnelle.
Les filles s'occupaient des travaux domestiques pour que la mère puisse se reposer après le service religieux dominical.
Un peu d'histoire;
Les soldats américains postés en France pendant la Première guerre mondiale (1914-1918) envoient des cartes vers les États-Unis pour souligner la fête des Mères.
Après la guerre, les Français s'approprient la coutume américaine et en font un incitatif pour promouvoir la natalité et le repeuplement de la France.
Au début des années 1920, l'Alsacien Camille Schneider s'emploie à faire reconnaître la fête des Mères à la grandeur de la France par l'intermédiaire du milieu scolaire.
Pour souligner cette fête, les instituteurs incitent les élèves à fabriquer un objet ou à écrire un compliment pour honorer leur mère. En 1926, après cinq ans de démarches, Schneider réussit à faire adopter un décret ministériel qui officialise la fête et la fixe au dernier dimanche du mois de mai.
Contrairement à l'Amérique et à la plupart des pays d'Europe, la France ne peut retenir le deuxième dimanche de mai puisqu'il souligne déjà la fête de Jeanne d'Arc, grande héroïne française.
Une déclaration du Maréchal Pétain faite en 1941, en pleine occupation allemande, à l'effet que l'on prenne chaque année une date pour honorer les mères, contribue à la popularité grandissante de cette fête qui est l'objet d'une loi en 1950.
La petite histoire de cette fête rapporte qu'un autre grand homme d'état, Napoléon lui-même, aurait évoqué en 1806 la création d'une fête des mères au plan national.
De coutume en culture;
Pendant longtemps dans les pays chrétiens d'Europe, l'Église refuse d'inscrire au calendrier les fêtes d'origine païenne.
Les pouvoirs politiques eux trouvent dans ces fêtes un certain intérêt. C'est ainsi qu'ils cherchent à promouvoir la fête des Mères pour des questions de natalité.
Dans son sens le plus profond, cette fête célèbre la maternité, honore les mères, leur travail et leur dévouement.
Bref, pour la plupart, cette journée consacrée aux mères a pour but de leur témoigner reconnaissance et amour.
Dans la plupart des pays comme le Canada, les États-Unis, le Danemark, la Finlande, l'Italie, la Turquie, l'Australie, la Belgique où la fête des Mères est célébrée le 2e dimanche de mai, elle donne lieu à des représentations théâtrales ou musicales réalisées par les enfants.
Il s'agit de saynètes dramatiques ou lyriques glorifiant la maternité. Souvent prise en charge par les écoles, la fête des Mères est ainsi célébrée le vendredi précédant la fête officielle. Pour l'occasion, les enfants apprennent des poèmes ou des chansons qu'ils offrent en spectacle, d'autres se cotisent pour acheter un cadeau, d'autres encore ont la possibilité de confectionner une carte ou de fabriquer de façon artisanale un petit objet à offrir.
Le même scénario se répète à l'école en juin pour souligner la fête des Pères.
Une autre coutume pratiquée en Occident veut que les enfants portent un œillet rose à la boutonnière le jour de la fête des Mères, blanc si la mère est décédée.
Au Canada, c'est quelques fois une rose rouge ou blanche faite en papier ou en tissu qui est le symbole de circonstance. Observée depuis peu, cette fête n'a guère eu le temps de s'imprégner d'une couleur locale. Un exemple de pratique témoigne cependant de ce potentiel.
En Autriche, on a relevé que le jour de la fête des Mères, plusieurs se rendent en pèlerinage dans les cimetières pour fleurir les tombes des mères disparues.
L'on peut dire aujourd'hui que la fête, comme bien d'autres, est récupérée par la commercialisation. Même Anna Jarvis déplorait cet aspect.
Pour plusieurs, le retour annuel de la fête des Mères tourne la plupart du temps en cauchemar. Quoi offrir encore cette année : un ustensile de cuisine, des fleurs, une boîte de chocolat, un parfum, un bijou ou un balai magique? Certains optent pour une visite spéciale ou une invitation au restaurant cette journée là.
Il n'est pas facile de trouver quelque chose qui ne soit pas un acte de consommation, mais plutôt un simple geste du cœur qui fait plaisir à cette occasion.
Sur l'air de,,,,,
Le thème de la mère a inspiré et inspire encore bon nombre de paroliers et de chansonniers. Des textes lyriques valorisant le rôle infatigable des mères aux poésies populaires mettant de l'avant les tourments que les enfants leur causent, toute une gamme d'émotions maternelles est chantée. La chanson Les roses blanches (paroles : Ch. L. Pothier, musique : Léon Raiter) composée en 1926 et interprétée entre autres par Berthe Sylva évoque cet hommage aux mères. À l'occasion de la fête des Mères, les premiers vers du refrain sont encore fredonnés aujourd'hui comme chanson de circonstance, même par les plus jeunes :
C'est aujourd'hui dimanche
Tiens, ma jolie maman,
Voici les roses blanches,
Que ton cœur aime tant.

source; réseau des archives du Québec
01 juillet 2008
1* Juillet,on déménage !!!!!
À propos de;
Chaque année, des milliers de Québécois et de Québécoises sont atteints de la fièvre du déménagement le jour du 1er juillet.
Dès la fin de juin, des cortèges de camions envahissent les rues et d'étranges remorques étalent au grand jour mobilier, appareils électroménagers et équipements hétéroclites.
Ici et là des corvées de déménagement s'organisent.
Il règne une grande effervescence pendant cette période.
Pourquoi cette bougeotte le 1er juillet?
Le fait de déménager massivement à une date précise est-il spécifique au Québec?
Une chose est sûre : tout déménagement entraîne aussi un emménagement.
L'un comme l'autre sont marqués par des rituels Déménager recouvre deux sens : d'abord l'événement lui-même ou encore, l'action de changer de lieu.
En somme, parler d'un déménagement signifie à la fois parler du jour où l'on transportera les objets d'un lieu à un autre et aussi du fait de quitter un espace familier pour un espace étranger.
Déménager implique donc l'idée d'un départ, d'une séparation voire d'un déchirement mais aussi celle d'un renouveau, d'un recommencement.
Le déménagement a comme caractéristique d'être un événement personnalisé, vécu de manière différente d'un individu à l'autre.
Tout déménagement est porteur de désordre et entraîne des incidents.
Il est rupture de la quotidienneté, mais apprivoisement d'un nouvel espace et reconstruction du quotidien.
Le déménagement peut être un moment plus ou moins heureux ou dramatique dans la vie des individus ; il éprouve la souplesse au changement et fait ressortir l'attachement à un espace tout comme les modes d'habiter cet espace.
Il met en lumière non seulement les relations à l'espace que les individus partagent mais aussi le «savoir-habiter» ou le «savoir-faire» domestique propre à chacun.
Le savoir-habiter trouve son expression autant dans l'action de déménager que dans celle d'emménager et exprime des modèles et des valeurs selon les cultures, selon les rôles ou selon les repères de l'univers domestique.
Remonter aux sources;
Jour national du déménagement, le 1er juillet est une date bien ancrée dans la mémoire collective qui nous rappelle davantage l'échéance des loyers que la fête de la Confédération.
Mais saviez-vous que le 1er juillet n'a pas toujours été la date officielle de fin des baux?
En effet, ce n'est que depuis 1974 que cette tradition s'est installée car auparavant, la date d'expiration d'un bail à durée fixe de douze mois était le 1er mai.
Nous ne savons pas à quand remonte cette échéance, mais l'on sait cependant que dans le premier Code civil du Canada (1866), la date du 1er mai était déjà inscrite comme terme des baux aux articles numéros 1608 et suivants.
Comme le droit civil québécois a été établi en grande partie d'après le droit civil français, il y a lieu de croire que cette date était déjà reconnue en France comme date d'échéance des baux bien avant la seconde moitié du XIXe siècle.
Par ailleurs, aucune mention du 1er mai n'a été relevée comme date d'échéance dans les actes notariés du XVIIe et du XVIIIe siècle inventorié par l'ethnologue Robert-Lionel Séguin.
Il est vrai que sa recherche a davantage porté sur le monde rural et que c'est la vie urbaine qui a surtout développé les pratiques des immeubles à logements et la location.
Des extraits de l'ouvrage de Séguin appuient pourtant l'existence de dates d'échéance des baux (Séguin, 1973 : 238-239) : D'après la coutume au Québec, certains jours de l'année marquent la fin ou le renouvellement des marchés et des contrats qui assurent la bonne administration du patrimoine agricole. Les dates d'échéance sont également nombreuses en Nouvelle-France, surtout à la fin du XVIIe siècle. (...) La Toussaint reste la plus citée de toutes ces fêtes.
Comme les préparatifs d'hivernement débutent en novembre, ce jour marque généralement la fin des louages de bêtes à corne.
L'emploi de fêtes religieuses comme dates d'échéance, est relativement courant en Nouvelle-France.
Parlant de la vie urbaine, l'historien Yvon Desloges constate par ailleurs que «les Québécois du XVIIIe siècle affichent une préférence marquée pour emménager au printemps, principalement le 1er mai, ce que confirme l'intendant Bigot dans son ordonnance du 20 avril 1750» (Desloges, 1991 : 128).
En 1973, un projet de loi relatif au louage des choses et à la création d'un tribunal des loyers visait à changer cette pratique.
Entrée en vigueur le 1er janvier 1974, cette loi modifiant le Code civil abolissait la date du 1er mai comme date de fin d'un bail et laissait au propriétaire, dans le cadre de son entente avec le locataire, le soin d'établir la date d'échéance.
De plus, la loi prévoyait des dispositions transitoires pour les baux expirant le 30 avril ou le 1er mai 1974 par une prolongation jusqu'au 30 juin 1975.
À partir de ce moment, la date de fin de bail est laissée à la discrétion des deux parties qui la fixent d'un commun accord.
On peut alors se demander pourquoi une grande majorité de personnes adoptent le 1er juillet comme nouvelle échéance.
Les dispositions transitoires concernant la prolongation initiale au 30 juin ne sont peut-être pas étrangères à l'instauration de cette nouvelle tradition.
Le principal motif du changement de date avait un rapport étroit avec la fin des classes scolaires.
En effet, au 1er mai la situation était désastreuse dans les écoles.
Cette migration printanière causait de véritables remous au sein de la population scolaire, principalement de niveau élémentaire.
Chaque année, de nombreux écoliers et écolières devaient finir leur année scolaire dans une autre commission scolaire où souvent des programmes différents étaient dispensés.
Voici une anecdote qui illustre bien les problèmes que cela pouvait soulever; Je me rappelle une année avoir étudié géographie à mon école pour me retrouver à la fin de l'année scolaire à l'examen du ministère en histoire. J'avais changé de ville au 1er mai parce que mon père avait été transféré par la compagnie pour laquelle il travaillait. Ça m'avait seulement donné deux mois de rattrapage pour apprendre tout le programme d'une nouvelle matière.
Si l'on en croit l'usage, il est plus logique, du moins pour les écoles, que la fin des baux ne soit plus fixée au 1er mai.
De cette façon, le changement de date n'aurait plus aucune incidence sur l'inscription des élèves qui était faite en mai et la population étudiante serait ainsi maintenue jusqu'à la fin des classes en juin.
Un autre des effets de ce changement fut de contrer les mouvements massifs de quartier à un moment crucial de l'année tout en visant une plus grande stabilité dans le prix des loyers et dans le phénomène de location en général.
Il est curieux que la tradition séculaire du déménagement, même après avoir été déplacée de deux mois, soit restée aussi respectée d'autant plus que dans d'autres provinces, il n'y a aucune date d'échéance qui régit la pratique du déménagement.
La plupart du temps, l'échéance du loyer est la fin du mois et parfois il n'y a pas de bail comme tel.
Un peu d'histoire;
La pratique de la location en Nouvelle-France était courante à la ville comme à la campagne dès le XVIIe siècle.
L'historien Yvon Desloges affirme que «tout se loue à Québec au XVIIIe siècle, depuis le lopin de terre ou la maison, jusqu'au poêle à chauffage en passant par le métier à tisser» (Desloges, 1991 : 116).
La location d'immeubles se pratiqua en France dès le XVe siècle mais elle ne prit de l'importance véritable qu'aux XVIIe et XVIIIe siècles par la création de maisons à appartements.
Dans les grandes villes comme Paris, la construction d'immeubles à loyer entraîna une surenchère du prix des logements de sorte qu'au XIXe siècle, plusieurs quartiers rénovés ne trouvaient pas preneur.
Incapables de se payer ces nouveaux loyers, les familles ouvrières se voyaient contraintes de migrer d'un logement à un autre (La vie populaire en France du Moyen âge à nos jours, 1965 : 128).
Au Québec, on retrouve ce phénomène migratoire dès le XVIIIe siècle et encore plus dans la seconde moitié du XIXe siècle où des dispositions comme la création de coopératives d'habitation sont mises en œuvre «afin de permettre aux ouvriers de villes de se loger plus décemment et à moindre coût.
Le mouvement connaît un essor marquant vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale.» (Mathieu et Lacoursière, 1991 : 70.) Être locataire n'est donc pas un trait sociologique propre au XXe siècle.
À la fin du XVIIe siècle, la Ville de Québec par exemple est une ville de propriétaires à 85%.
Vers 1740 cependant, la situation est complètement inversée et les locataires comptent pour 60% des habitants de la ville (Desloges, 1991 : 113-116).
Cette situation perdurera jusqu'à nos jours (70% de locataires) et ce n'est qu'autour de la décennie 1970 que le Québec est passé «d'un espace majoritairement occupé par des locataires» (Mathieu et Lacoursière, 1991 : 70) à un espace marqué par une occupation plus permanente de la propriété.
Malgré l'amélioration de l'accès à la propriété, le phénomène de location est encore très présent surtout dans les grandes agglomérations urbaines où il s'agit véritablement d'un mode d'habiter.
Autrefois, on allait à la ville pour travailler ce qui occasionnait de nombreux déménagements tandis que le même mouvement vers la campagne était plutôt rare, voire exceptionnel.
L'exode vers les banlieues est un phénomène relativement récent, qui plus est, nord-américain.
Aujourd'hui, les banlieusards forment la majorité de la population du Québec.
Les villes de Montréal et de Québec ont perdu plus de 13% de leurs résidents depuis 20 ans, les centres-villes sont désormais habités le jour par des travailleurs de passage tandis que la banlieue s'étend de plus en plus.
Un certain attrait des banlieues réside dans le prix plus bas des maisons et des terrains plus spacieux qu'en ville auquel des personnes associent une certaine qualité de vie.
Au-delà de ces critères discutables, le développement des banlieues signifie un changement des modes d'habiter : pour plusieurs la location est remplacée par l'occasion de devenir propriétaire (Chartrand, 1998 : 25).
De coutume en culture;
«Avoir la bougeotte», vous connaissez l'expression?
Elle signifie familièrement «manie de bouger» ou «habitude ou envie de se déplacer» (XIXe siècle).
Au Québec, nous sommes quelques-uns à être atteints de cette manie.
Voici des chiffres qui nous viennent principalement de deux sources: estimations faites à partir des branchements téléphoniques de la compagnie Bell ou des changements d'adresse de la clientèle chez Hydro-Québec
pour la période du 1er juillet 1973: 80 000 déménagements (Montréal seulement)
1988: 93 500 déménagements (Montréal seulement) 160 000 déménagements (région métropolitaine)
1989: 107 000 déménagements (Ile de Montréal seulement)
1990: 29 000 déménagements (région de Québec) 230 000 déménagements (tout le Québec)
1999: 275 000 déménagements (tout le Québec) 700 000 (tout le Québec sur une année entière)
En 30 ans, le nombre de déménagements est allé en croissant.
Il faut dire que ces données comprennent autant les déménagements des nouveaux propriétaires de maison ou de condominium que ceux des locataires.
Avoir la bougeotte peut-il être un trait culturel lié aux grands espaces que représente le territoire du Québec?
En d'autres mots, les Québécois déménagent-ils plus souvent que d'autres?
Y a-t-il un lien entre l'esprit qui anime le coureur des bois ou le voyageur des pays d'en haut si caractéristique aux Québécois et la pratique de déménager ou de rénover d'une année à l'autre?
D'un point de vue anthropologique, la mobilité des Québécois porte l'inscription sociale du nomadisme.
Ce peuple est fait pour bouger à l'image du légendaire Jack Kirouac ou du François Paradis de Maria Chapdelaine imaginé par l'écrivain Louis Hémon.
Notre littérature regorge de ces personnages qui oscillent entre la ville et la campagne, entre le bois et la terre, personnages qui refusent en définitive l'enracinement.
Du coureur des bois au voyageur, du gars de chantier au gars de la Baie-James, de l'ouvrier venu travailler en ville au colon qui a ouvert le Nord, en passant par le «coureur de factory», c'est moins l'instabilité qui caractérise ce comportement que l'ivresse de la liberté.
Au fond, se déplacer fréquemment donne peut-être l'illusion de maîtriser l'espace et le temps ou encore, sa vie.
Mais déménager n'est pas toujours un libre choix que l'on fait par plaisir ; pour certains c'est un compromis, un mal imposé, voire une nécessité.
Quand le déplacement est imposé, déménager prend un tout autre sens.
Toutes les grandes villes, à toutes les époques, ont leurs quartiers reconnus pour avoir des logements plus ou moins convenables.
Les gens qui y habitent déménagent souvent parce qu'ils manquent de confort, que les conditions de salubrité sont contestables ou que le coût du loyer est trop élevé.
Évidemment, il n'est pas rare que certains locataires qui ne peuvent payer régulièrement leur loyer filent pendant la nuit à l'insu du propriétaire, parfois même avant le terme de leur bail.
D'autres, installés dans le même logement depuis 25-30 ans, et dont le mot d'ordre est de ne pas parler au propriétaire des problèmes ou bris occasionnés par l'usure de crainte que la note des réparations leur soit refilée ou que le loyer soit rehaussé d'autant, préfèrent se suffire d'un logement aux modestes conditions.
Rénover un logement, peut aussi être une façon détournée de chasser l'occupant pour ensuite hausser le prix du loyer en fonction des rénovations de manière à viser une clientèle plus en moyen.
Au Québec, la Régie du logement est un organisme qui s'occupe des litiges entre propriétaires et locataires. Les principaux problèmes rencontrés ont trait à la résiliation de bail et au recouvrement des loyers.
On ne peut parler de déménagement sans aborder la question de la migration des gens déportés dans le but d'échapper à une réalité insoutenable ou catastrophique.
Guerre civile, inondation, ouragan sont trop souvent la cause de déplacements forcés.
Dans ces cas, migrer est une situation d'urgence imposée par le degré de gravité de l'événement et celui qui déménage dans ces conditions n'est jamais certain de retrouver son logis.
Quant à celui qui immigre par choix mais dans le but de trouver une meilleure situation dans son pays d'adoption, il cherche à s'établir d'abord en ville pour augmenter les chances d'améliorer son sort.
L'immigrant ne déménage que rarement à la campagne pour diverses raisons matérielles mais aussi parce que dans plusieurs pays, celle-ci est synonyme de pauvreté.
Pour beaucoup d'immigrants, être pauvre en ville c'est déjà être plus riche.
Planifier son déménagement
Planifier un déménagement demande un peu d'organisation mais si cela représente pour vous une corvée, vous pouvez avoir recours à un conseiller.
Agissant pour le compte d'un déménageur, cette personne possède une bonne connaissance des opérations concernant toutes les étapes d'un déménagement, du départ comme de l'arrivée.
Le rôle du conseiller est d'inventorier, d'évaluer et d'estimer tous les accès, les étages, le contenu des pièces, la valeur des objets précieux ou fragiles, les emballages nécessaires (cartons, housses, couvertures, courroies, protections spéciales), il doit également noter et spécifier les difficultés d'accès, de passage, les précautions à prendre, etc. et fournir un devis détaillé accompagné d'une première estimation des coûts.
Une entreprise de déménagement sérieuse dépêchera son conseiller sur place afin de voir à la bonne marche de l'exécution du déménagement.
Sauf en période d'achalandage, le bon conseiller visitera votre demeure et vous conseillera pour votre nouvelle installation.
Si vous êtes plutôt de nature indépendante, vous pouvez organiser votre déménagement vous-même à un moindre coût.
Il s'agit de dresser un aide-mémoire qui vous aidera à planifier toutes les étapes d'un déménagement autonome et à prévenir les surprises et les oublis.
Avec ou sans aide, la corvée du déménagement s'accompagne de rituels dont la mise en scène varie selon que l'on est plus ou moins organisé.
Voici quelques scénarios typiques :
Pour les plus organisés;
Les déménagements, ils connaissent !
Ils n'en sont pas à leur premier et ils aiment surtout que les choses se passent rondement.
Ils sont même un peu maniaques !
Chaque chose a sa place, son étiquette.
L'emballage est longuement préparé d'avance et il n'y a pas de casse.
Par contre, ils sont aussi parmi les premiers à terminer le nouvel aménagement et à pendre la crémaillère !
Plutôt du genre moitié-moitié ?
Ils ne sont pas traumatisés à l'idée de déménager et la préparation de cet événement ne les angoisse pas. Ils aiment par contre un minimum d'efficacité et apprécient se retrouver dans leurs boîtes.
Ils savent que cette situation est temporaire.
Ça ne les dérange pas de faire un peu de camping pendant un certain temps... mais ils aiment que les choses rentrent dans l'ordre dans un délai normal.
L'essentiel est fait rapidement mais il leur reste toujours des boîtes qu'ils n'ont pas eu le temps de déballer.
De type brouillon...
Ils n'aiment pas prévoir trop à l'avance, faire des boîtes un mois avant la date du déménagement ou accumuler des cartons de chez l'épicier.
Ils sont du genre déménageur autonome et font rarement appel à une entreprise spécialisée.
C'est plutôt sur leurs amis qu'ils comptent le jour du déménagement.
Avec eux, déménager est plutôt une partie de plaisir et ils accumulent les anecdotes et les incidents loufoques à cause de leur manque d'organisation.
Par contre, ils payent toujours la pizza et la bière à la fin de la journée !
Clin d'œil sur nos traditions;
De la recherche d'un nouvel appartement à l'installation dans un nouvel espace en passant par la visite de nombreux logements, déménager comporte plusieurs rituels.
Au Québec, une coutume bien ancrée dans les habitudes liées à l'habitation est celle de pendre la crémaillère.
Ce rituel encore très à la mode consiste à célébrer par une fête et le plus souvent par un repas l'installation dans un nouveau logement.
L'expression si courante aujourd'hui tire son origine d'une ancienne façon de faire la cuisine.
La crémaillère est un instrument, en fer forgé ou en fonte, qui pend dans l'âtre de la cheminée.
Elle désigne « l'ustensile servant à suspendre au-dessus du feu, le chaudron, la marmite, la chaudière et autres récipients propres au chauffage et à la cuisson des liquides et aliments (...) ». (Tardieu, 1964 : 77) Souvent accrochée dans l'âtre au moment du mariage, la crémaillère symbolise l'entrée en ménage et la prise de possession des lieux.
Son utilisation dans les maisons en France et au Québec est attestée en ville comme à la campagne.
C'est que pendant longtemps, jusqu'à la deuxième partie du XIXe siècle, l'âtre et la cheminée sont la principale source de chaleur et servent également à la cuisson des aliments.
Comme le feu est nécessaire à la vie domestique, le foyer est très vite considéré comme le centre de l'habitation.
Encore aujourd'hui dans notre langage courant, le foyer désigne la maison comme dans l'expression n'avoir ni feu ni lieu, c'est-à-dire ni foyer, ni domicile fixe.
Point névralgique de la maison, le foyer est associé au chauffage, à l'éclairage et à l'alimentation.
D'ailleurs, on retrouve la plupart du temps la description des objets entourant la cheminée et le feu - crémaillère, marmite, poêle, tisonnier, chenets, etc. - en tête de liste des inventaires après-décès notariés. Le foyer est le lieu autour duquel se regroupe la famille et les activités domestiques.
Il a longtemps été la zone principale et primordiale de l'unique pièce de la maison.
Est-ce pour cette raison qu'au Québec on a gardé l'habitude de se réunir dans la cuisine et d'y recevoir les visiteurs?
Quoi qu'il en soit, on comprend maintenant le sens d'une coutume comme la pendaison de crémaillère par son association étroite avec le rôle du feu et de la cheminée dans la maison.
La disparition de l'âtre, l'installation d'équipement mobile comme le poêle ou le fourneau, de même que la division et la disposition des pièces de la maison ont entraîné un changement d'habitude et une dispersion des activités domestiques jadis concentrées autour du foyer.
De cette époque, il nous reste cette coutume que plusieurs continuent à perpétuer à leur manière encore de nos jours.
source; réseau des archives du Québec


























